‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 337 sur 539 · d., VI · texte numérisé non relu

d., VI

L*affaire était mal engagée : elle fut plus mal soutenue encore; tandis que les indigènes, profitant habilement des accidents du terrain, opposaient, sous le couvert des bois, une sérieuse résistance ^ les auxiliaires berbères de Tarmée byzantine, saisis d'une panique subite, prenaient tout à coup la fuite, bousculant et emportant dans leur déroute le reste des troupes impériales* : en vain, avec ses principaux officiers, avec les hommes d'armes liés à sa personne, Jean, se jetant dans la mêlée, essaya de rétablir la bataille : écrasé sous le nombre, il ne put, malgré des prodiges de valeur, que couvrir la re« traite. Le désastre était complet. Le gros de Tarmée grecque, désorganisée, dispersée, s'enfuit sans retourner la tête, bien au delà de Gabès, et ne s'arrêta qu'à Tabri des murailles de lunca'; le magister militum^ avec son état-major et le faible détachement qu'il avait pu rallier, se replia plus posément, faisant tête à la poursuite de la cavalerie ennemie \ et d*abord essaya de reformer ses régiments sous les remparts d'une petite place forte assez voisine du champ de bataille^. Le désarroi était trop grand pour qu'il y pût aisément réussir : il fallut donc remonter vers le nord, aller rejoindre à lunca les troupes qui y avaient cherché asile*; mais les pertes éprouvées à la journée de Gallica avaient été trop cruelles % le moral des soldats était trop mal raffermi pour qu'on put sans péril continuer à tenir la campagne. Pour se donner le temps de réorganiser l'armée, de la renforcer en faisant appel aux alliés indigènes demeurés fidèles, Jean se décida donc à battre en retraite sur la seconde ligne de défense de la province^ et se contentant de jeter quelques garnisons dans les principales

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