Id., Vil
LE GOUVERNEMENT DE JEAxN TROGLITA 377
étaient rassemblées dans la plaine d'Arsuris, sur les confins de la Proconsulaire et de la Byzacëne^ ; Coutsina avait amené 30,000 hommes, Ifisdaias 100,000; labdas avait envoyé son fils avec 12,000 cavaliers. Jean, avec les forces régulières qui lui restaient, et qui formaient d'ailleurs la moindre partie de son armée, vint rejoindre ses confédérés pour reprendre TofTensive. La campagne suprême commençait.
Les révoltés , sous les ordres de Garcasan et d' Antalas, étaient campés entre Sbiba et Kairouan, dans la grande plaine de Mamma*. A l'approche de l'armée impériale qui débouchait sans doute par la route d'Assuras à Sufetula, Garcasan, enorgueilli par le succès de Tannée précédente, proposait d'attendre en bataille rangée le choc des troupes byzantines. Mais Antalas, fidèle à la vieille tactique des indigènes, fit décider la retraite: il montra quel auxiliaire les chaleurs commençantes allaient fournir aux rebelles, quelles seraient pour les troupes grecques les fatigues, les difficultés de la marche à travers un pays totalement dévasté ; et connaissant de longue date le point faible de ses adversaires, il pressentit qu'au bout de peu de jours, Tarmée byzantine, épuisée, démoralisée, ou bien se soulèverait contre ses chefs, ou bien se laisserait battre sans résister'. Gonfiants dans ses conseils, les insurgés se replièrent en toute hàte^ et par la route qui traverse Sbeitla, Madarsuma, Tabalta, ils atteignirent en dix jours le littoral et vinrent camper au pied des remparts de lunca^. Pendant dix jours, malgré un violent coup de sirocco ', Jean poursuivit les rebelles, sans d'ailleurs {parvenir à les joindre autrement qu'en quelques rapides engagements d'arrière-garde ", et il vint s'établir en face d'eux, près de la côte, comptant bien leur livrer une bataille décisive. Mais encore une fois^ les