Jrf., Vil
tribus se dérobèrent, et quittant la plaine, elles se jetèrent dans les massifs montagneux de la Byzacène \ espérant attirer les impériaux à leur suite dans ce pays peu fertile, accidenté et difficile, où la famine et les embuscades berbères auraient bien vite raison de leur résistance. Mais Jean ne se laissa point prendre à leur ruse; il s'établit sur la côte, où le port voisin de Lariscus * lui permettait de ravitailler aisément ses troupes, et patiemment il pensait attendre que la disette fit sortir les tribus de leur retraite. C'est à ce moment que se réalisèrent les prévisions d'Antalas. Ne comprenant point la prudente tactique de leur chef^ voyant seulement les fatigues subies, la solde non payée, la fin de l'expédition inutilement retardée, les soldats se soulevèrent en une formidable sédition '. Sans écouter leurs officiers, ils se portèrent avec des cris de mort vers la tente du général, et Jean n'eut que le temps de s'échapper avec quelques hommes demeurés fidèles*. Fort heureusement pour la cause impériale, les contingents indigènes ne se laissèrent point entraîner dans la révolte * ; grâce à eux, on put arrêter le tumulte et éviter l'effusion du sang; néanmoins pour satisfaire les troupes, Jean consentit à marcher à Tennemi. Il le trouva à l'endroit appelé les Champs de Caton^^ mais si fortement retranché qu'une attaque de vive force parut périlleuse ; le magister militum jugea donc préférable de bloquer la position, persuadé que la famine obligerait bientôt les rebelles à descendre dans la plaine \ C'est en effet ce qui arriva : contraints par le manque de vivres à offrir la bataille, comptant d'ailleurs, à la faveur des offices divins (c'était justement un dimanche), surprendre les soldats byzantins sans ordre et sans armes", l'esprit monté encore par les