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la ville; pour ramener la vie dans la cité abandonnée, ils s'appliquèrent à réparer les ravages causés par les Maures*. Les maisons détruites par Tincendie furent reconstruites « au moyen de fragments de colonnes ou d'autres débris enlevés aux ruines d'alentour » ' : le marché fut remis en état, et de nouveau servit aux échanges : les édifices religieux furent restaurés, en particulier la grande basilique à trois nefs située au nord-ouest de Tare de Trajan, et où apparaissent les traces non équivoques des remaniements accomplis au vi** siècle. Plusieurs chapelles nouvelles furent construites; et, à Tabri de la citadelle qui la protégeait, Thamugadi recommença à vivre, et jusque vers le milieu du vu*' siècle elle demeura un centre d'habitation ^ On admettra sans peine que l'exemple de Timgad n'est point un cas isolé, qu'en bien d'autres points de l'Afrique l'administration impériale ne fut ni moins attentive ni moins réparatrice que dans la ville assez obscure perdue au pied du massif de l'Âurès; on l'admettra surtout, si l'on considère en quelle harmonie les fouilles se trouvent ici avec les indications des textes et par quel éclatant témoignage elles montrent réalisées les intentions qu'exprimait Justinien, lorsque, derrière les citadelles du lunes reconstruites, il ordonnait de pousser du même pas l'agriculture et la colonisation *.
Ce n'est point en constructions seulement que se dépensait l'activité impériale. Dans les grandes villes de l'Afrique byzantine, la civilisation romaine jette un dernier éclat. Le régime municipal gouverne les cités comme autrefois *, et Justinien semble s'être, entre autres exemples, préoccupé de le réorganiser à Cartbage^ et de l'introduire dans ses nouvelles fondations ^ Malgré les misères du temps, les arts de la paix
i. A. Ballu, Rapport sur les travaux de fouilles et de consolidation des ruine» de Timgad, exécutés en 1895 par le Service des monuments historiques {Journal officiel du 4 juin 1896).