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fleurissent. Sur la côte, que les relations commerciales mettent en de fréquents rapports avec TOrient, les formes arcbi tectoniques et le style décoratif s'inspirent de Fart de Byzance, et plus d'un morceau d'architecture conservé à Sfax, à Lamla, à Sousse ou àKairouan semble ètrel'œu vre d'artistes grecs * . Dans l'intérieur, où persiste davantage la prédominance des traditions latines, un essai d'art original, bien que d'une rare grossièreté, se manifeste dans ces curieux carreaux de terre cuile employés au revêtement des basiliques '. Ailleurs, la sculpture produit même de plus remarquables ouvrages : je citerai seulement les deux beaux bas-reliefs, découverts à Cartbage parmi les ruines de la basilique de Damous-el-Karita, et qui représentent V Adoration des mages et V Apparition de Fange aux bergers ; malgré quelque maniérisme dans le style et quelque maladresse dans les attitudes, les deux morceaux peuvent compter parmi les meilleurs que nous ait laissés l'art byzantin du vi^ siècle '. Mais c'est surtout la mosaïque, si répandue jadis et si populaire dans les cités africaines, qui garde un rôle important dans la décoration des monuments. Si la mosaïque de Gafsa, représentant les jeux du cirque, appartient, comme je le crois, à l'époque que nous étudions, elle montre^ malgré les insignes faiblesses de l'exécution, quel sentiment du pittoresque possédaient encore les artistes africains du temps de Justinien * ; elle montre surtout que l'hippodrome excitait dans les provinces les mêmes passions qu'à Constantinople, et elle
\. SaladiD, I, p. 4, iO, 21, 29-31, 224.
2. Bull, Conu, 1885, p. 327; Revue archéoU, 1888, p. 303-322; Comptes rendus de r Académie des inscriptions, 1893, p. 219-221 ; iteoue archéoL, 1893, t. II, p. 213-
3. Bull, Com,, 1885, p. 190; 1886, p. 220-223; Delattre, Archéologie chrétienne de Carthage, 1889-1893, p. 17 (extrait du Cosmos), Je n'ignore point que de Rossi, qui d'ailleurs n*avait pas vu les originaux, attribue ces monuments au IV* siècle. Après une étude attentive, Je snis frappé des analogies qu'ils offrent avec les ouvrages byzantins du vi« siècle, par exemple avec Tambon de Saloniqae. M. Gsell a exprimé sur cette question la même opinion que moi.
4. Cf. P. Gauckler, Guide du visiteur au Musée du Bardo (Revue tunisienne,
laisse entrevoir de quelle animation se remplissait, aux jours de fête, le grand cirque que Carthage avait au vi® siècle *. A ce double point de vue artistique et social, on trouvera plus d'intérêt encore aux mosaïques découvertes dans les cimetières chrétiens de Lamta et de Tabarka ' : non seulement elles montrent, par cette application de la mosaïque à la décoration des plaques tombales, à quel point s'était généralisé Teraploi de ce mode d'ornementation ; elles fournissent en outre un ensemble singulièrement instructif pour reconstituer Taspect de la société africaine de l'époque. Hommes en longue dalmatique verte ou blanche ornée de larges bandes de broderies, avec le manteau triangulaire de laine brune enveloppant le buste, et Vorarium passé autour du cou ; femmes en étroites robes collantes brodées au cou et aux poignets, serrées à la taille par une ceinture rouge et que recouvre une ample tunique aux larges manches de couleur éclatante, avec les bijoux sur la poitrine, Técharpe claire flottant sur les épaules et parfois encadrant le visage; enfants en culottes collantes alternées de jaune et de rouge, en courtes tuniques blanches à bandes de couleur : ce sont autant de portraits authentiques qui mettent sous nos yeux en de vivantes images les habitants de l'Afrique tels qu'ils étaient au temps de Justinien '.
Il n'est pas jusqu'aux lettres qui ne brillent d'une dernière et fugitive lueur. Un des premiers soins de l'empereur, au lendemain de la victoire, fut de réorganiser à Carthage une sorte de haut enseignement*, et on a lieu de croire qu'à