‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 353 sur 539 · Bell, Vand., p · texte numérisé non relu

Bell, Vand., p

2. SaladiD, I, p. 11-20 ; Gagnât, Archives des Missions, Xtll, p. 113-1 14 ; Comptes rendus de CAcad. des inscriptions , 1883, p. 189 sqq. (Lamta) ; Bu/^ Ant. Afr., 1884, p. 121 8qq. ; 1885, p. 1 sqq.;Con.ptes rendus de VAcad. des inscriptions, 1890, p. 330*331; Bull.Com., 1892, p. 193-196 (Tabarka).

3. Cf. P. Gauckler, Guide du visiteur au Musée du Bardo, p. 315-316. Je D*igDore point qu'une grande partie de ces mosaïques datent du v« siècle : mais d*autres appartiennent sûrement au vi* siècle. Or, entre les premières et les monuments d'époque plus récente (celles da second cimetière de Tabarka, par exemple), il n*y a pour les costumes nulle différence essentielle.

4. Cod. Just.j I, 27, 1, 42. Cf. Marquardt, Organisation financière des Romains, p. 133-134.

l'exemple de la capitale, d'autres villes eurenl des écoles publiques de grammaire et de rhétorique*. Un mouvement littéraire assez considérable avait marqué les règnes des derniers souverains vandales ' : il ne cessa point entièrement après la chute de Gélimer. L'Afrique byzantine eut dans Corippus un poète, nourri des souvenirs et des procédés du classicisme romain. L'Église, on le verra plus tard, produisit quelques écrivains de valeur : et dans les couvents africains on parait avoir gardé quelque souci des lettres. Tout au moins les bibliothèques monastiques conservaient-elles au vi® siècle nombre de manuscrits précieux : pour enrichir son monastère Vivariense, Cassiodore faisait venir des livres de l'Afrique •; et les moines n ignoraient point le prix de ces trésors. Lorsque les menaces de la guerre les obligeaient à fuir, une de leurs premières préoccupations fut souvent de sauver les manuscrits de l'abbaye *.

Certes, si Ton compare ces débris de civilisation au brillant tableau que présentait FAfrique romaine vers le temps de sa pleine prospérité, on avouern sans peine que l'âge de la décadence est commencé. Pourtant toute culture n'est point morte dans les villes de l'époque byzantine; une vie régulièrement organisée, un art, une littérature s'y rencontrent : et malgré les désastres et les tristesses du temps, malgré le fracas de guerre qui remplit incessamment l'Afrique, la sollicitude impériale ne s'est point, autant qu'on le pourrait croire, désintéressée des arts de la paix.

Au point de vue de la répartition des terres et du régime

1. JuDiliuâ, Depariibus divinae legis, praef, {Pair, lat.^ LXVllI, p. 15).

2. Maoitius, Gesch. der christlich lateinischen Poésie^ p. 327-344.

3 Cassiodore, De Inst, divinarum liUerarum, 8, 29 {Pair, lat. j LXX, p. ii20, 1144).

4. HildefODSUS, De Viris iUuslHbus, 4 (Pair, lat., XGVI, p. 200).

de la propriélé, la domination vandale avait apporté de graves changements en Afrique. Beaucoup de propriétaires romains, ceux là surtout qui possédaient les meilleures portions du sol, avaient été spoliés au profit des vainqueurs et souvent réduits, sur leurs propres domaines, à la condition de colons. L'Église orthodoxe n'avait pas été moins durement traitée : elle s'était vue dépouiller de ses biens et chasser de ses basiliques au bénéfice de ses adversaires ariens. Enfin les rois vandales s'étaient fait la part belle dans la conquête : sur les domaines de Taristocratie romaine, Genséric avait constitué pour ses fils de vastes apanages ; et s*il est inexact de croire que tout ce qui ne fut point distribué aux soldats fut uniformément transformé en terre royale, en tout cas il est indéniable que les possessores d'Afrique avaient lourdement pàti de Tavidité do vainqueur \ Aussi le premier soin de Justinien fut-il, on Ta vu^ de réparer du mieux qu'il put les désastres de l'époque vandale et de faciliter aux anciens propriétaires romains la reprise des terres qu'ils avaient perdues *. II se peut qu'au cours des opérations assez comp^quées auxquelles ces revendications donnèrent lieu^ l'empereur n'ait point oublié les intérêts de l'État et du domaine privé. On voit dans Procope que beaucoup de propriétés enlevées aux soldats vandales, au lieu d'être restituées à leurs anciens détenteurs, furent attribuées, sans doute en l'absence de titres légitimes, au trésor public ou à la res privata ' ; il est probable aussi que Tempereur se porta héritier de toutes les terres qui avaient constitué jadis le domaine des rois germains. Pourtant on ne saurait admettre qu'il y ait eu, comme le veut V Histoire secrètBj une véritable spoliation des propriétaires africains au bénéfice de Justinien : c*est un but absolument contraire que se proposent les Novelles impériales, et il y a tout lieu de croire que les intentions du prince furent en grande partie réalisées.

1. Bell. Vand,^ p. 333-334; Dahn, Die Kônige der Gemianen^ I, p. 240-243, 247-248.

Les textes attestent en effet pour l'Afrique Texistence d'un régime rural absolument identique à celui qu'on trouve vers le même temps dans ]es autres provinces de la monarchie '. On y rencontre, et en assez grand nombre encore^ des paysans libres vivant sur leurs terres * et groupés en communes agricoles; on y rencontre plus fréquemment de grands domaines, dont les uns appartiennent à l'Église ^, les autres à de riches possessores*, La façon dont ces terres sont mises en valeur ne diffère pas non plus de la pratique générale : diverses catégories de personnes y sont établies, coloni, adscriptitii, servi rustici. Différents par le degré de liberté et la capacité de posséder dont ils jouissent ', pour le reste ces cultivateurs se distinguent peu les uns des autres : étroitement attachés au sol qu'ils mettent en valeur, incapables de quitter la terre où ils sont nés, ils y demeurent établis à titre héréditaire, et la loi y fixe leurs enfants * ; cultivant pour le compte du maître, ils lui paient une redevance déterminée^ ils lui fournissent certaines prestations coutumières \ Dans TAfrique byzantine comme dans le reste de Tempîre, le régime du colonat tend de plus en plus à devenir la règle de l'exploitation agricole ^

Mais Justinien ne se contenta point de rétablir dans leurs anciens droits les possessores d'Afrique : pour favoriser sur ces domaines le développement de la prospérité agricole, il prit un certain nombre démesures qui méritent d'être signalées. Une des raisons quiinspirèrentlaconstructiondeces forteresses dont il couvrit le pays fut le désir de protéger les cultivateurs

4. Zachariae voA Lingenthal, Gesch. des griechisch-riimiscfien Rechts, 3o éd., p. 218-228.

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