Zachariae, Gesch. desgr.-rôm. Bechts, p
et de leur fournir des refuges contre les incursions berbères^ ; un des motifs qui déterminèrent la création des corps de itmitanei fut Tespoir de remettre en valeur, par une exploitation régulière, la zone frontière laissée à l'abandon et d'attirer les colons dans ces régions devenues stériles '. Une question plus délicate était celle de la réglementation du colonat. La vieille loi romaine attachait d'une façon absolue Vadscriptiiitis à la terre ; elle permettait au maître de réclamer en toute circonstance et de ramener de force le serf qui s'était échappé. Or, à la faveur de la désorganisation qui avait accompagné l'époque vandale, beaucoup de colons et de servi rustici ayaieni quitté le domaine du maître et vécu en hommes libres; d'autres étaient entrés dans les ordres : maintenant, sur tous ces fugitifs, les possessores réclamaient leurs droits, et prétendaient ramener à la terre, non seulement les serfs, mais encore les enfants de ces serfs nés postérieurement à leur fuite. Par une mesure infiniment libérale, Justinien ne voulut point que la conquête byzantine marquât pour cette catégorie de personnes une nouvelle ère de servitude; par des dispositions spéciales, il fit fléchir en Afrique la rigueur des lois générales, et décida que tous ceux, colons ou servi rustici, qui auraient quitté leur terre « antérieurement à l'arrivée de la très heureuse armée impériale », conserveraient leur liberté reconquise ; de même il interdit de rechercher les colons qui, antérieurement à une date donnée, étaient entrés dans !*£• glise '. Toutefois l'empereur prescrivit que le colon qui s*était réfugié sur la terre d'un autre maître serait restitué à son possessor primitif * : et pour ne pas exciter trop gravement le mécontentement des grands propriétaires, il établit en outre que, pour tout serf échappé postérieurement à la conquête byzantine, la loi antique serait appliquée dans toute sa rigueur'.
\. Cod. JusL.l, 27,2,4.