‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 355 sur 539 · Nov., App. IX · texte numérisé non relu

Nov., App. IX

Si Ton voulait en effet entretenir la prospérité agricole, il fallait maintenir à tout prix la règle qui attachait le colon à la terre. Les propriétaires africains le comprenaient bien, et ils insistaient à Constantinople pour qu'on empêchât par tous les moyens les cultivateurs de quitter le domaine ^ Toutefois, sur ce point aussi, Justinien ne leur donna qu'une satisfaction partielle. Dans les premières années de son règne, il avait, en S33, réglée par une mesure fort libérale^ la condition des enfants nés d*un adscriptitius et d'une femme libre, et, réformant la loi antique, il avait décidé que Tenfant issu d'un tel mariage serait considéré comme étant de naissance libre ^ Les inconvénients de cette disposition ne tardèrent pas à apparaître : beaucoup de colons purent ainsi quitter le domaine du maître, et ces désertions devinrent d'autant plus graves qu'on tenta de donner à la loi nouvelle un efTet rétroactif'. Sur les réclamations des j9o^5^55or^s, Justinien comprit les dangers que la mesure entraînait pour l'agriculture; et cherchant un biais, il détermina que, dans le cas cité, l'enfant, tout en restant de condition libre, ce qui le distinguait de ïadscriptitins, demeurait, comme le colonus^ attaché à la terre où son père vivait *. Ainsi l'empereur espérait à la fois sauver les principes et satisfaire aux légitimes exigences de l'agriculture. Toutefois, même alors, il se contenta d'abroger pour l'Illyri- Cum la loi de 533 : en Afrique, soit que les circonstances aient été un peu différentes, soit que les réclamations des possessores aient été moins pressantes, soit que le prince ait trouvé intérêt à pratiquer une politique plus libérale, le fils d'un adscriptitius et d'une femme libre conserva son entière liberté *. C'est plus tard seulement, sous le règne des successeurs de Justinien, que les protestations énergiques des propriétaires, l'abandon croissant des terres, la diminution des rentrées du

1. Zachariae, Jtu graeco-romanum^i. III, Coll, L Sov. 6 et 13.

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