‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 356 sur 539 · Zachariae, Jus graeco-romanw% t. 111, Coll. 1, Nov · texte numérisé non relu

Zachariae, Jus graeco-romanw% t. 111, Coll. 1, Nov

fisc déterminèrent le retour aux dispositions de laloi ancienne. En 570, Justin II étendit à l'Afrique le règlement pris en 540 pour riUyricum ^, et en 582, Tibère confirma la constitution de son prédécesseur, « afin, dit le texte, que les terres demeurent en culture » *.

En tout cas, Justinien s'appliqua, en Afrique comme ailleurs, à protéger l'intégrité du domaine rural appartenant à l'Église. Défense fut faite d'aliéner, par vente, donation ou échange, aucune portion des biens ecclésiastiques, meubles ou immeubles, choses ou personnes '. De même, la loi ordonna de ramener sans merci sur la terre les servi rustici et les colons de l'Église qui se laissaient attirer sur les domaines des particuliers \ Justinien espérait ainsi protéger les propriétés des clercs contre les usurpations trop fréquentes des grands seigneurs laïques.

Un point est digne d'attention dans les actes que nous venons d^analyser. Nulle part il n'y est fait mention des troubles qui agitaient si gravement l'Afrique. Pourtant ces documents sont postérieurs aux tristes événements qui désolèrent le pays vers le milieu du vi» siècle : l'un est de 552, Tautre de 558. Assurément on peut croire que les guerres ne furent point étrangères à la fuite des colons, non plus qu'à l'àpreté des propriétaires à réclamer leurs serfs échappés ; il n'en est pas moins remarquable que, parmi les motifs énumérés pour expliquer l'intervention impériale, aucune allusion même ne soit faite aux incursions et aux ravages berbères. Certes il ressort clairement de ces textes que l'agriculture africaine traversait h, ce moment une crise assez sérieuse : mais il est incontestable aussi que la sollicitude impériale ne fit point défaut pour réparer du mieux possible les désastres subis.

Aussi bien, malgré les misères de ces cruelles années, mal-

Page 1