Nov. 7, i
A. Cf. Greg. Magni Episi., 9, 203.
gré les incursions berbères, malgré la dépopulation des campagnes, malgré les troubles de toute sorte qui compromettaient la prospérité agricole, l'Afrique paraît avoir assez promptement guéri ses blessures. On a, je crois, quelque peu exagéré la décadence de la province à Tépoque byzantine^ : ici encore, comme à l'époque romaine, il convient, pour apprécier exactement les choses, de « limiter sévèrement, et dans le temps et dans l'espace, le témoignage des documents'. » Or, au vi' siècle, comme à toutes les époques, la nature du sol et du climat déterminait en Afrique des régions d'étendue, de fertilité et de culture diverses' : Tune au nord, et qui correspond à peu près à la Zeugitane, pays de montagnes plus boisées, de pluies plus abondantes, de terres bien arrosées et bien irriguées, où les céréales, la vigne, les cultures maraîchères prospèrent admirablement; l'autre au sud, et qui correspond à peu près à la Byzacène, pays de hauts plateaux et de plaines quaternaires, où le sol plus léger et plus pauvre, les pluies plus inégales et plus rares imposèrent généralement les cultures de terre sèche, celle de l'olivier en particulier, où la fertilité dépendit plus étroitement des soins apportés à l'aménagement de l'eau; enfin, la région du désert, où seules les oasis bien arrosées se prêtent à la culture. Dans ces zones différentes, au VI* siècle comme aux époques antérieures, la diversité des cultures a donné au pays la diversité des aspects et des conditions d'existence : tandis que, dans la Zeugitane^ les agglomérations urbaines sont innombrables, et que cette région a été <c par excellence le théâtre de la vie municipale »\ dans la Byzacène, au contraire, les grandes villes sont rares, mais la campagne est toute couverte de bourgades, de hameaux, de
1. Tissot, I, p. 253; La Blanchëre, V aménagement de Veau dam l'Afrique ancienne^ p. 30.