Toutain, /• c.,p
fermes isolées; la population reste éparse au milieu des champs, « la vie rurale est plus active que la vie municipale ^ » Tandis qu'au nord enfin se rencontre un pays de moyenne et de petite propriété, où une population libre fort dense s'agglomère, au sud, au contraire, c'est une région de grands domaines, où les maîtres du sol sont peu nombreux, où la terre est surtout mise en valeur par des colons et par des esclaves" .
Sil faut tenir grand compte de cette première distinction^ et ne point imprudemment conclure d'une contrée à une autre, on doit être plus réservé encore en ce qui touche la date des documents. On parle volontiers de l'appauvrissement de la Byzacëne à partir du v* siècle, de sa ruine presque complète à l'époque byzantine : a le littoral, dit-on, est redevenu un désert; tout le pays est dévasté par la guerre depuis vingt ans; l'abandon le fait redescendre à une pire condition que celle d'où l'avait tiré la culture. On meurt de soif, on meurt de faim dans ces plaines toutes jonchées d'anciens établissements détruits ^ » C'est prêter là, à mon sens, une confiance trop aveugle aux déclamations de V Histoire secrète^ c'est généraliser un peu imprudemment des témoignages qui, dans l'ouvrage de Gorippus, se limitent à une période de trois ou quatre années. Certes, je ne conteste point qu'à l'époque byzantine, la Byzacène ait plus durement pàti que le reste de l'Afrique, et j'en donnerai tout à l'heure des preuves : il est essentiel pourtant, sous le bénéfice des observations faites plus haut, d'examiner plus attentivement qu'on n'a fait ce que nous apprennent les documents.
Un fait est incontestable^ c'est qu'au moment de la conquête byzantine, l'Afrique, prise dans son ensemble, passait encore pour un pays d'une remarquable fertilité. Procope dit expressément que c'est « une région riche entre toutes, et qui produit