‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 359 sur 539 · La Blancbëre, l, c, p · texte numérisé non relu

La Blancbëre, l, c, p

à profusion tous les fruits nécessaires à la vie »Set ce témoin oculaire parle de la masse des gens qui peuplent lescampagnes et mettent en valeur les terres". Les témoignages particuliers confirment celte déclaration générale. Entre le promontoire de Caput Yada et Carthage, sur tout le littoral de la Byzacène et de la Zeugitane, le pays est bien cultivé, fertile, tout couvert d*arbnfs fruitiers et d'ombrages*. « L'armée, dit Corippus, cheminait dans Tombre que multipliaient les arbres épais, et les torrides ardeurs du soleil ne fatiguaient point le soldat*. » On connaît la description enchanteresse que Procope a faite de la région entre Hadrumète et Garthage, et de ce vaste domaine de Grasse (près de Sidi-Khalifa), où se trouvaient « les plus magnifiques vergers que nous eussions jamais vus », où, sous Tombrage desarbres, les sources coulaient en abondance, où la fertilité était telle que « les soldats purent se rassasier de fruits, sans que la récolte en parût sensiblement diminuée*. » Pour l'inlérieur du pays, d'autres témoignages presque contemporains attestent la richesse de la région de Sicca Veneriaet de certains cantons de la Byzacène \ Enfin, dans les différentes zones de TAfrique, la culture des céréales, de la vigne, de l'olivier paraissent avoir atteint une prodigieuse prospérité'.

Tel était l'état de la province, au moment où elle tomba au pouvoir de Justinien. II y a lieu de croire que, sous son gouvernement, cette prospérité diminua beaucoup moins qu'on ne Ta affirmé. Examinons la Byzacène, celle de toutes les régions africaines qui incontestablement souffrit le plus cruellement des guerres et de la dépopulation. A certains moments elle apparaît transformée en une véritable solitude ; et cela se conçoit.

l.BeZZ. Vand.y p. 423.

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