Joh., m
dans un pays où les villes plus rares n'offraient point aux habitants du plat pays d'assez nombreux refuges, où le régime de la grande propriété retenait plus difficilement le colon sur une terre qui ne lui appartenait pas*. Un signe manifeste de cette dépopulation apparaît, on le verra plus loin, dans la diminution significative du nombre des sièges épiscopaux. Est-ce à dire pourtant que la Byzacëne n'ait point en grande partie réparé ses pertes? Au vu* siècle, l'intérieur de cette province, en dépit de deux siècles de troubles, était assez peuplé encore, assez prospère, pour que le patrice Grégoire y cherchât Tappui de sa révolte et le siège de son éphémère capitale*. On connaît d'autre part l'anecdote classique rapportée par Iba Abd-el-Hakem, et qui montre combien, vers le même temps, la culture de Tolivier était répandue en Byzacène et quelles sources de richesse en tirait la province^. Enfin les historiens arabes sont unanimes à s'émerveiller de la verdure qui couvrait le pays, du verger continu parsemé d'habitations, qui, disent-ils, s'étendait depuis Tripoli jusqu'à Tanger*. Les monuments confirment de façon remarquable ces témoignages des historiens. Tous ceux qui ont parcouru la Tunisie du centre et du sud ont vu les vestiges de cette prospérité ancienne, débris épars de l'immense forêt d'oliviers qui couvrit jadis cette terre, restes innombrables des huileries où ses fruits étaient transformés ^ Or^ tous ces établissements agricoles, bourgadeset fermes isolées, n'étaient nullement abandonnés vers le milieu du vi^ siècle. Outre que Corippus parle sans cesse des grands bois d'oliviers qui de son temps s'étendaient sur le sol de TAfrique, une autre question s'impose : à quoi