‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 361 sur 539 · P. Bourde, /. c, p. 21 ; Toutaia, /. c, p · texte numérisé non relu

P. Bourde, /. c, p. 21 ; Toutaia, /. c, p

5. P. Bourde, /. c, p. 17-19; La Blanchère, /. c, p. 105. Cf. au reste les réserves très justes que La Blanchëre exprime (/. c, p. 106-107) sur la théorie trop exclusive de M. Bourde.

eussent servi, si le pays était devenu désert, ces fortins innombrables qui hérissent la contrée et qui protègent, on Ta vu, tous les centres d'habitation? Évidemment la construction de ces refuges indique un élat singulièrement troublé; mais ne prouve-t-elle pas, bien plus encore, avec quelle ténacité les cultivateurs africains s'attachèrent au sol, comment ils y revinrent toujours, malgré les misères du temps? La plupart de ces citadelles datent de Tépoque qui nous occupe', et ainsi elles montrent nettement les conditions d'existence qui lui étaient imposées. Mais on doit croire aussi que leur protection ne fut point inefficace, et qu'elle permit au pays de réparer ses désastres. C'est à la fin du vu" siècle seulement que Tolivette de la Byzacène commença à disparaître; et sa ruine complète date d'une époque plus basse encore, du moment où s'abattit sur l'Afrique la grande invasion hilalienne*.

Si donc la Byzacène, malgré les misères qui l'accablèrent, a pu redevenir et demeurer prospère, à plus forte raison les autres régions de l'Afrique byzantine ont-elles dû conserver beaucoup de leur richesse passée. Lorsque Corippus parle de la fertilité de son pays natal, des moissons abondantes et des vignobles qui le couvrent», on peut sans hésiter appliquer ces témoignages au Sahel de Sousse et à la. Zeugitane, dont les grandes plaines conviennent à merveille à ce genre de cultures*. Je ne sais point, malgré le témoignage de Procope', quelle pouvait être en Tripolitaine l'importance de la culture des céréales ; mais en tout cas les hauts plateaux de la Numidie et toute la région de l'Aurès étaient extrêmement fertiles au VI* siècle. « On y trouve, dit Procope, des plateaux,

1. Cf. par exemple rétablissement byzantin d*Had]eb-el-Aioun (Bull, Com., 1894, p. 286-294) où l'on a trouvé des monnaies byzantines allant jusqu'au temps de Tibère Constantin.

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