Bourde, /. c, p
6. La Blanchère, L'aménagement de Ceau dans C Afrique ancienne^ surtoQi p. 93; P. Gauckler, L'archéologie de la Tunisie^ p. 16-27.
d'une moindre sollicitude. Si l'Afrique resta cultivée, c'est que les barrages et canaux indispensables à sa prospérité furent attentivement réparés ou tenus en état : et eu effets on trouve en maint endroit la trace de ces restaurations'. Les textes laissent entrevoir également l'existence de ces ouvrages au vi« siècle. Procope par exemple a minutieusement expliqué la façon dont des canaux de dérivation distribuaient les eaux de TAbigas à travers la fertile plaine de Bagai*; Corippus, qui emprunte volontiers ses comparaisons au pays où il est né, a décrit, en homme qui les a vus, les barrages de retenue qui disciplinent la fougue des torrents et les conduites qui répartissent utilement l'eau tenue en réserve ". Certes le texte de Procope montre également comment périrent plus d'une fois ces ouvrages au cours des guerres qui désolaient le pays : pourtant, jusqu'à la conquête arabe,' ils subsistèrent au moins partiellement.
D'autre part, il semble bien certain que l'Afrique byzantine était plus boisée que la Tunisie actuelle. Certes, on a, je crois, fort exagéré les choses en attribuant la stérilité présente du pays au déboisement et aux modifications qui en résultèrent dans le régime des eaux courantes : des études récentes faites sur le sol lui-même ont fait en grande partie justice de ce préjugée Toutefois les forêts dont parle si souvent Corippus n'étaient point toutes, même en Byzacène, des bois d'oliviers ; et dans la région proprement forestière^, les peuplements paraissent avoir été beaucoup plus abondants qu'aujourd'hui. Tout le centre de la Tunisie était alors plus boisé que de nos jours"; de grands arbres couvraient les crêtes, et la végétalion forestière était assez .dense pour que des villes comme