Saladio, II, p
A côté des églises, les couvents tiennent une grande place parmi les constructions religieuses de l'époque. Les établissements monastiques, en effet, paraissent avoir été, dans l'Afrique byzantine, nombreux et florissants; pour voir avec quelle prodigieuse rapidité ils se multipliaient, avec quel zèle on les fondait, avec quelle facilité ils recrutaient leur population de cénobites, il suffit de lire la Vie de saint Fulgence, dont l'œuvre est de quelques années à peine antérieure à l'expédition de Bélisaire. On y voit le pieux évêque établir dans un court espace de temps plusieurs monastères en Byzacène : Tun dans les montagnes de la Tunisie centrale, à Mididi, au nord de Sufes, un autre, également situé dans la province, dans une région ferlile et protégée contre les invasions ; un troisième dans la ville de Ruspae, un quatrième dans l'îlot deChilmi qui fait partie du groupe des Kerkenna*. Vers le même temps on mentionne, à la date de 525, plusieurs autres monastères, celui de Precisu (Ad Praecisum), au diocèse de Leptis minor, le monasterium Baccense au diocèse de Maximiana, le grand couvent d'Hadrumète, un autre également établi en Byzacène, et que les textes désignent seulement sous le nom de monastère de l'abbéPierre *, un autre encore bâti sur Tllol rocbeux d'El- Kenéis, à peu près en face de Iunca',un monastère de femmes établi en Byzacène *. On peut affirmer quelaplupartde ces fondations subsistaientàrépoquebyzantine; la cbose est certaine pour deux au moins d'entre elles : le couvent de Saint-Fulgence à Ruspae, et le monastère de l'abbé Pierre ^ ; et le document qui prouve leur existence atteste qu^à côté d'eux^ bien d'autres abbayes, cetera monasieria, s'élevaient dans l'Afrique chrétienne *•
1. Vita Fulgentii, 23 (P. L., LXV, p. 128), 28 (p. 131), 39 (p. 137), 62 (p. 148); cf. Tissot, II, p. 189.