‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 389 sur 539 · Leunclavius, Jtis gr. rom., 1. V, rosp · texte numérisé non relu

Leunclavius, Jtis gr. rom., 1. V, rosp

2. Diehl, Exarchat de Revenne, p. 380-383. Cf. Gasquel, De VaulorUé impériale en matière du religion.

m HISTOIRE DE LA DOMINATION BYZ4NTINE EN AFRIQUE

neur d'être mêlée à ce grand débat. Certes, lorsqu'en 534 les Pères du concile de Carthage se félicitaient de voir enfin restaurées les antiques et vénérables traditions de l'Église, et de pouvoir de nouveau, après une captivité de cent années, rentrer dans la communion de leurs frères \ ils ne se doutaient guère qu'ils devraient un jour expier chèrement ces joies éphémères, et, en reprenant leur place dans l'Église universelle, attirer sur eux les conséquences d'une des plus ardentes parmi les luttes religieuses du temps.

Lorsque vers Tannée 544', sur les conseils de Tévèque de Césarée, Théodore Askidas, l'empereur Justinien promulgua un édit condamnant trois des textes, ecclésiastiques jadis approuvés au concile de Ghalcédoine ', l'émotion fut vive dans tout l'Occident. « En Afrique, bien qu'on n'y eût pris qu'une part indirecte aux controverses sur l'Incarnation, dans toute l'Italie, en Gaule, en Espagne, l'œuvre de Ghalcédoine était considérée comme sacrée^. » Aussi lorsque l'édit impérial parvint à Garthage, on fit médiocre accueil aux nouveautés théologiques qui venaient de Byzance. Sans doute, dans l'état troublé où se trouvait à cette date (545) la province, on ne put réunir un concile chargé de formuler solennellement Tavis commun des Églises africaines*; mais dès ce moment, un certain nombre de manifestations particulières ne laissèrent aucun doute sur les sentiments qui les animaient. Dans ane lettre que l'évêque Pontianus adressa à Justinien^, tout en

Page 1