Ferrandus, Epist. (P. L., LXVII, p
6. P, L.y LXVII, p. 996.11 est question d'un PonUanus, évoque de Thenae, dans la Vila Fulgentii, 66. C'est peut-être notre évèque.
L'ÉGLiSE D'AFRIQUE SOUS LE RÈGNE DE JUSTINIEN 435
louant d'une manière générale Torthodoxie du prince, ce personnage insinuait sagement qu'il convenait de laisser les morts en paix ; et, avec un remarquable esprit de prévoyance, il exprimait la crainte « qu'en voulant condamner les morts, on ne fût amené à faire périr bien des vivants *. » De son côté, l'un des plus savants docteurs et des plus respectés de l'Église africaine, l'élève favori du pieux évêque Fulgence de Ruspae, Ferrand, diacre de Carthage, prenait vers le même temps position dans le débat. «Ferrand était un saint homme et un théologien consommé; il avait en particulier beaucoup médité sur le problème de llncamation, si souvent agité de-* puis deux siècles; on le consultait de tous côtés comme l'oracle de la science et de la tradition '. » On conçoit de quel poids devaient peser les déclarations d'un tel homme, si on pouvait l'amener à se prononcer. Aussi les diacres qui, en Tabsence du pape Vigile, dirigeaient à Rome lesaiïaires ecclésiastiques, désireux d'assurer cet appui à Torthodoxie, demandèrent à Ferrand de rédiger, d'accord avec l'évoque Reparatus de Carthage et quelques autres docteurs, une consultation motivée sur la matière*. Ferrand, non sans quelque hésitation, se décida à répondre, et tout en protestant qu'il ne parlait qu'en son nom personnel, il montra nettement le danger qu'il y avait à toucher à Tœuvre de Chalcédoine et à troubler par des condamnations posthumes la paix de l'Église^. Toute l'Afrique au reste pensait comme Ferrand ; pendant le séjour assez long que le pape Vigile fit en Sicile durant Thiver de 545-546, de toutes parts Tépiscopat africain le supplia de ne point se prêter à la condamnation des Trois Chapitres*^; et à Constantinople même, les sentiments de la province se manifestaient clairement.
Dans la capitale de l'empire se trouvaient en séjour, au