‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 42 sur 539 · Nov · texte numérisé non relu

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toutes les terres qui leur avaient été injustement enlevées, réparant de cette sorte les spoliations jadis ordonnées par Genséric *. A la vérité, en même temps qu'il annulait les effets de la conquête vandale, Tempereur prétendait aussr remettre les impôts sur le pied où ils étaient jadis établis dans TAfrique romaine : c'est sous cette réserve expresse qu'il fit restituer, même aux églises, les biens indûment usurpés'; par ses ordres, des agents de finances furent chargés par toute la province de dresser le rôle des contributions : « et ces ctiarges, dit Procope, parurent aux Africains fort pesantes et intolérables » '.

Pourtant, au moins au début, les Romains d'Afrique avaient trop à se louer du rétablissement de l'autorité impériale, pour ne lui être pas pleinement dévoués. Il n'en était pas de même des tribus berbères, qui formaient le fond de la population. Sans doute^ la plupart d'entre elles avaient fait avec empressement une soumission apparente; troublés parles oracles de leurs prophétesses, et plus encore par les foudroyants succès de Bélisaire, les grands chefs de la Byzacène, de la Numidie, de la Maurétanie même avaient accepté la suzeraineté impé* riale, prêté hommage au représentant du basileus, donné leurs fils ou leurs frères en otages comme gages de leur fidélité \ Mais, malgré ces manifestations, d'ailleurs assez intéressées, les Maures s'étaient bien gardés de se compromettre entre les deux partis, et la plupart avaient conservé une neutralité prudente, attendant Tissue delà lutte et réservant leurs forces*. Maintenant que les Vandales avaient succombé, ils commençaient — un peu tard — à sMnquiéter pour eux- mêmes, et pour des raisons peut-être plus solides que les motifs indiqués par Procope % ils songeaient, non point seulement par

i. Nov. 36, pfaef. et 5. On y trouve la preuve qu'une première constitution fut promulguée dès 534.

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