Cf. Diehl, /. c, p
à quelle date et dans quelles circonstances la magistrature nouvelle fut instituée dans l'Afrique grecque.
En Italie, on le sait, le premier texte où se rencontre le nom d'exarque est la lettre, en date du 4 octobre 584, que le pape Pelage II adressait au diacre Grégoire ^ C'est quelques années plus tard qu'apparaît, en juillet 591, la première mention d'un exarque d'Afrique'. Geunadius, qui à ce moment était revêtu de ces hautes fonctions, en était-il le premier titulaire? On ne sait. Une seule chose est certaine, c*est qu'en Afrique tout au moins la création de l'exarchat date du règne de l'empereur xMaurice. Sous Justin II en effet et sous Tibère les textes mentionnent encore, à la tête de l'armée d'occupation, un magister militum in Africa^^ et le rescrit adressé en août 582 au préfet du prétoire Théodore montre qu'à ce moment ce personnage était, dans la province, le chef suprême de l'administration*; il y a donc toute raison de placer entre 582 et 591 l'institution de la nouvelle magistrature et d*en faire honneur à l'empereur Maurice. Les circonstances d*ailleurs justifiaient amplement cette mesure. Outre la tendance générale que nous avons signalée, et qui depuis de longues années acheminait vers une réforme de cette sorte la politique impériale, les conditions particulières où se trouvait la province réclamaient de vigoureuses résolutions ^ On a vu de quels périls l'Afrique avait été menacée sous Justin et Tibère, de quels désastres elle avait souffert : malgré la victoire de Gennadius sur le roi Garmul, le pays restait profondément troublé. Sans aucun doute, en Afrique comme enSardaigne, subsistaient encore, au milieu même des régions pacifiées, des ilôts nombreux de populations païennes mal soumises, dont