Zachariae, Z. c, p
riales \ Du moins le préfet est demeuré le chef suprême de Tadministralion civile ' ; c'est lui qui surveille la conduite des gouverneurs de province, attentif à proléger les faibles contre toute vexation tyranniquc, à faire rendre partout bonnejuslîce, à empêcher toute perception illégale d'impôt ^ et on peut croire que les praesides dont il contrôle les actes ne sont point nommés sans qu'il intervienne dans leur choix. C'est lui qui est chargé de maintenir Tordre public et de faire appliquer les lois * ; ses attributions judiciaires sont incontestables^ ; le rôle qu^il joue dans l'administration des finances est d'une importance toute particulière. Tout ce qui regarde la perception et la répartition de l'impôt relève de sa compétence ; Grégoire le Grand, se plaignant au préfet Innocent des impositions excessives que les gouverneurs provinciaux exigent des contribuables, lui écrit « que le remède à porter au mal rentre tout spécialement dans les attributions de sa charge *. » Faut-il croire aussi que, comme jadis, il fait rapport au prince sur toutes les mesures qui peuvent être utiles au relèvement matériel du pays '? à tout le moins, on le voit activement occupé de protéger et remettre en valeur les domaines de l'Église '. Faut-il croire que, comme autrefois, le soin des constructions militaires dépend encore de son département • ? la chose est d'autant plus probable qu'on le trouve chargé d'équiper les escadres qui iront croiser sur les côtes de Corse et de Sardaigne, et que le pape l'informe des circonstances qui pourront réclamer de nouveaux armements *^ Comme jadis, il a
1. Jusqu'à la date de 641 le préfet garde en effet le droit de correspondre directement avec Fempereur et il reçoit directement les rescrits impériaux {P. G., XCl, 464. Cf. ibid., p. 587).