Greg
3. P. L., XGVI, 416. Cf. Duchesne, Bibl. de VÉcole des Chartes^ 1891, p. 19, qui voit dans ce personnage un officier byzantin. Cf. Isidore Pacensis, c. 40, et P. L., XCH) 427, où l'on voit que Septem est le siège d'un grand commandement militaire.
Grand, en date d*août 591, il est fait mention d'un personnage portant le titre de magister militum Africae^ et Ton a supposé avec quelque vraisemblance que cet officier était, sous la haute autorité de Texarque, chargé de la direction des choses militaires, comme le préfet du prétoire avait, sous le contrôle du patrice, le soin de l'administration civile*; il correspondrait assez exactement, dans ce cas, à VbT^Qtr.goLvr^hq que, dix ans plus tard, on trouve adjoint au stratège*. Incontestablement, rhypothèse est séduisante, et elle jetterait un jour curieux sur Tinstitution de Texarchat; au lieu d'être simplement le successeur du magister militum per Africam, l'exarque serait vraiment alors un magistrat nouveau, investi de pouvoirs extraordinaires, et auquel furent subordonnés les anciens chefs de l'administration africaine, conservés tous deux à un rang inférieur dans le régime nouveau. Malheureurement la lettre de Grégoire le Grand laisse quelque place au doute. Tout d'abord, on se demandera si le personnage occupe vraiment une fonction publique : Gaudiosus est donné en effet comme un habitant de la province, homme de sens et de loyauté, toujours prêt à mettre son influence personnelle au service de ses concitoyens, et à offrir le secours de ses conseils aux judices qui viennent gouverner l'Afrique. Fort estimé des représentants de l'autorité, qui sont heureux de diriger d'après ses avis les actes de leur administration, pourtant il ne semble prendre aucune part directe au gouvernement du pays : en somme il apparaît comme un grand propriétaire, ayant servi jadis dans les rangs de l'armée impériale, et conservant, dans sa retraite, une situation due tout ensemble à son expérience et à ses services passés. En tout cas, même en écartant cette explication, il demeure difficile de voir en lui le supérieur hiérarchique des autres officiers de l'armée d'Afrique : il reçoit seulement en effet le titre de gloria, auquel ont droit tous les autres magistri militum et ducs
1. Greg., 1, 74 et l'hypothèse d'Ewald dans réditioQ des Monumenta, p. 94.