‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 451 sur 539 · Greg · texte numérisé non relu

Greg

Taise avec les ordres du prince, et y contrevenaient ouvertement*. De là naissaient pour les sujets des exactions innombrables. Pour suffire aux demandes d'argent qui venaient du trésor, on faisait rentrer les impôts avec une exactitude si cruelle, qu'en Corse les contribuables étaient réduits à vendre leurs fils comme esclaves, et que les propriétaires désespérés abandonnaient leurs domaines pour s'enfuir chez les barbares*. Pour satisfaire leur avidité, les fonctionnaires étaient plus oppressifs encore, et leur imagination inventive trouvait mille prétextes aux vexations. Tantôt le montant des impôts était illégalement augmenté, ou plus simplement encore, on réclamait le tribut deux fois de suite * ; tantôt on exigeait des populations païennes une taxe pour tolérer leur idolâtrie, et après qu'elles s'étaient converties, on continuait à percevoir la même redevance 4 ; ailleurs, on mettait la main sans scrupule sur les biens des établissements ecclésiastiques, on pillait les propriétés qui appartenaient aux institutions de charité *. Contre les faibles, contre les pauvres, on multipliait les violences : le duc de Sardaigne laisse ses hommes battre et emprisonner des clercs ; lui-même écrase TÉglise d'impôts et de corvées et empêche révoque d'exercer la juridiction'quelaloilui confère ** ; les fonctionnaires civils permettent de dépouiller les petits, et eux-mêmes les traitent avec la plus criante injustice '. Au contraire, pour les grands, pour les riches, les administrateurs ont d'infinies tolérances, et pourvu qu'on mette le prix à acheter leur bienveillance, ils n'hésitent pas à désobéir, même aux ordres de l'empereur * : pour leurs amis, les donatistes par exemple, ils auront d'inépuisables indulgences ; sans intervenir, ils les laisseront persécuter les évoques catholiques ;

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