id., 1, 59. Cf
malgré les inslruclions formelles du prince, malgré les objurgations pressantes du pape, ils traîneront des années entières avant d'accorder satisfaction aux victimes, ils s'efforceront d'étouffer leurs plaintes sous les accusations et les calomnies ; bref, suivant l'expression de saint Grégoire, ils vendront ouvertement la foi catholique *. Indiscipline, rapacité, corruption, tels sont quelques-uns des traits caractéristiques deTadministralion byzantine à la fin du vi* siècle % et Grégoire le Grand n'a pas de mots assez forts pour flétrir « la perversité des judices » '. Or, contre les scandaleux abus de ces avides et tout-puissants gouverneurs, oii les populations pouvaient-elles trouver un recours? L'empereur était trop loin pour que les plaintes pussent lui parvenir*, le contrôle qu'il exerçait est trop intermittent pour être vraiment efficace ' ; TÉglise était plus proche, la loi même lui faisait un devoir de surveiller la conduite des fonctionnaires publics ; naturellement les peuples allèrent vers elle chercher l'appui dont ils avaient besoin. Ainsi, en même temps qu'apparaissaient dans l'Occident byzantin, avec les velléités d'indépendance des gouverneurs, les premiers symptômes d'une profonde désorganisation administrative, un autre fait se produisait, d'une gravité plus grande encore ; l'influence de l'Église se substituait lentement à l'autorité du pouvoir impérial, et par leur constante intervention dans les affaires civiles, le pape et au-dessous de lui les évêques grandissaient, dans la vénération des peuples et jusqu'aux yeux des gouverneurs, de tout le prestige que perdait le basileus impuissant et lointain.