d., 1, 82. Cf
508 HISTOIRE Dfi L\ DOMINATION BÏZANTINE EN AFRIQUE
achetait moyennant dix livres d'or la protection du gouverneur delà province*. Ce n'est pas tout. En Numidie Thérésie donatiste relevait la tête* : grâce à la tolérance du gouvernement, les dissidents, on Ta vu, avaient conservé leurs églises, leurs évêques; maintenant ils se flattaient d'ébranler le catholicisme lui-même Des diocèses où ils dominaient, violemment ils expulsaient le clergé orthodoxe*; dans les autres, ils tâchaient de s'insinuer en se ménageant à prix d'or la bienveillance des évêques*, et, devenus de la sorte maîtres de positions importantes, ils en profitaient pour faire parmi les fidèles une active et souvent heureuse propagande. Beaucoup de gens, séduits par leurs promesses, consentaient à se faire rebaptiser, selon le rite donatiste' ; les hautes classes de la société ellesmêmes étaient gagnées par la contagion, et de grands propriétaires, non contents de passer avec toute leur famille au parti de Thérésie, usaient de leur influence pour entraînera leur suite les personnes qui dépendaient de leur autorité *. Pendant six années entières, de 591 à 896, sans cesse, il est question, dans la correspondance de Grégoire le Grand, de Taudace croissante des donatistes : devant leurs progrès et leurs intrigues, les conciles eux-mêmes hésitaient et laissaient fléchir la rigueur du dogme'. Vainement,en 594. un édit impérial essayait d'enrayer le mal^; grâce à la tolérance ou à la complicité de l'administration', les ordres du prince demeuraient lettre morte ; et les évêques qui tentaient, de faire leur devoir se voyaient exposés à la fois aux persécutions de leurs adversaires, aux calomnies et aux rigueurs de l'autorité ".
i, Greg., 9, 27.