‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 46 sur 539 · Cod. Ju8t · texte numérisé non relu

Cod. Ju8t

de destitution, du traitement, d'ailleurs fort suffisant^ qui leur est alloué*. Surtout, l'empereur exige que les chefs militaires fassent avant tout leur métier de soldats : ils devront constamment tenir leurs effectifs au complet et leurs troupes en haleine'; surtout ils devront concerter leurs efforts, et au lieu de se diviser par de jalouses intrigues, s'entendre pour la défense commune des provinces confiées à leur vigilance ». Tout cela est excellent sans doute; malheureusement, officiers et soldats devaient en tenir peu de compte : et dans ces instructions impériales^ déjà l'on voit apparaître le germe de quelques-uns des pires maux qui ruineront l'Afrique byzantine. On avait fait dans la conquête la part belle à l'armée victorieuse : les esclaves, l'argent, les femmes lui avaient été libéralement abandonnés^; malgré cela, les soldats se jugeaient mal récompensés de leurs fatigues ' et se déclaraient lésés dans le partage du butin. Ils réclamaient, eux aussi, leur part des terres vandales, et se plaignaient violemment de voir attribuer au trésor public ou au domaine impérial les propriétés reprises sur les vaincus • : ils soupçonnaient leurs généraux de vouloir s'enrichir à leurs dépens^ et annonçaient l'intention de réparer par eux-mêmes les injustices dont ils se croyaient victimes. D'autre part, après une campagne de six mois, cette armée de mercenaires aspirait à jouir en repos des richesses qu'elle avait gagnées ; la plupart des soldats s'étaient mariés, épousant leurs prisonnières vandales^ : ils prétendaient vivre tranquilles avec leurs femmes et le service commençait à leur paraître le plus lourd des esclavages *. D'ailleurs, enorgueillis de leurs succès, pleins de mépris pour les populations africaines, ils espéraient bien prendre leur revanche de la

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