‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 47 sur 539 · Id„ p · texte numérisé non relu

Id„ p

modération relative que leur avait imposée Bélisaire : les riches villes d'Afrique leur semblaient une admirable matière à pillage, leurs habitants, des vaincus qu'on pouvait molester, dépouiller et tuer sans scrupules ^ Pour ramener au devoir et employer utilement cette armée indisciplinée et avide, il eût fallu des chefs énergiques et loyaux; or, du haut en bas de la hiérarchie, les officiers, sauf quelques rares exceptions, se jalousaient àTenvi. Les uns songeaient à profiter des rancunes du soldat pour chercher la satisfaction de leurs ambitions personnelles ' ; les autres n'étaient point fâchés d'entretenir, ou tout au moins de laisser croître une indiscipline qui paralysait les plans du général en chef » : et en face de l'ennemi menaçant, les camps byzantins étaient pleins d'intrigues, de conspirations, de menaces de révolte *. Cette armée en décomposition était prête pour toutes les paniques et pour toutes les séditions.

D'autre part, la défense de la frontière était encore, malgré les instructions expresses de l'empereur, fort insuffisamment organisée. Depuis que Genséric avait ordonné de raser les murailles de toutes lesjvilles africaines *, il n'existait plus, sauf à Carthage et àHippone •, aucune forteresse dans la province, et cet admirable système, par lequel les Romains avaient assuré la sécurité du pays, était pleinement tombé en abandon. A la vérité, la nécessité de se protéger contre les incursions des Maures avait amené les populations à construire sur quelques points des fortifications improvisées '. Mais ce n'étaient pas là de bien sérieux moyens de défense ; en fait, la frontière était ouverte à toutes les invasions. Pour parer à ces insuffisances, Bélisaire avait installé un certain nombre de postes

Page 1