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L'ÉGLISE D'AFRIQUE ET L'ADMINISTRATION BYZANTINE :il5
un ami véritable, comme à un fils bien-aimé*, et, en effet, le préfet a non seulement pour les biens d'Eglise une sollicitude attentive', mais encore il s'empresse de faire rapport au pape des exactions que commettent en Sardaigne les fonctionnaires publics "; Tévêque de Carthage lui-même n'aurait pas fait mieux. Les gouverneurs des provinces ne sont pas moins soucieux d'être agréables au pontife ; comme leurs chefs, ils font marcher la conversion du même pas que la conquête * et s'efforcent de mériter ses bonnes grâces. On juge combien ces relations amicales accroissaient Tinfluence de TÉglise dans l'administration publique, combien, entre l'empereur lointain et Tévèque tout-puissant, les fonctionnaires étaient tentés d'obéir aux conseils qui venaient de Rome **.
Les populations plus ouvertement encore mettaient leur espoir dans rÉglise. Contre les vexations des gouverneurs, elles ne connaissaient point de plus sûrs défenseurs que leurs évéques^ et parmi eux que le pontife romain. Elles comprenaient que seule, rÉglise élait assez puissante pour contre-balancer le despotisme impérial, pour mettre un frein à la tyrannie administrative ; et sûres d'être écoutées, elles portaient leurs plaintes à Rome ou demandaient aux représentants du pape de prendre la défense de leurs intérêts \ Or ceci encore était singulièrement grave : insensiblement les peuples se détachaient de Tempire et se préparaient pour d'autres destinées.
Et si nous essayons, pour finir, de résumer les traits caractéristiques du tableau que présente l'Afrique à 1 a fin du vi' siècle, nous constatons, dans la province, les redoutables symptômes d'une profonde désorganisation administrative. A tous les degrés de la hiérarchie, les fonctionnaires byzantins tendent à s'affranchir de Tautorité impériale trop lointaine; les popula-