‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 462 sur 539 · Jreg., 14, 2. Cf. Diehl, /. c, p. 334-33.i · texte numérisé non relu

Jreg., 14, 2. Cf. Diehl, /. c, p. 334-33.i

tiens, cruellement opprimées par une administration souvent vexatoire, cessent de prendre intérêt à l'empire qui les ruine pour s'attacher à l'Église qui leur assure quelque protection; et cette Église enfin, qui, de plus en plus, se range sous Tobédience romaine, substitue lentement dans Tadministration son influence à celle du pouvoir central et achève ainsi de fausser les ressorts de la machine gouvernementale, déjà si ébranlée. Qu'on attende quelques années encore, et ces germes de dissolution porteront leurs fruits. Les insurrections des gouverneurs, la désaffection des peuples, les conflits religieux aggravant le divorce politique, ruineront, en Afrique comme en Italie, la domination byzantine ; et dans l'exarchat d'Afrique, affaibli par tant de misères, l'invasion arabe trouvera une proie facile, dont les indigènes plus que les Grecs essaieront de lui disputer la possession.

En l'année 608, TAfrique byzantine avait pour gouverneur le palrice Héraclius '. C'était un homme d'un âge assez avancé déjà — il touchait au moins à la soixantaine ■, — issu d'une grande et riche famille de l'aristocratie arménienne ^. Sous le règne de Maurice, il avait^ dans les campagnes de Perse, fait une glorieuse carrière militaire et, soit comme lieutenant du stratège Phiiippicus, soit comme général en chef, ii s'était signalé par sa magnifique bravoure, autant que par son énergique fermeté à maintenir la discipline des troupes ^. En récompense de ses brillants services, l'empereur lui avait, sans doute après la mort ou le rappel de Texarque Gennadius, confié l'important gouvernement d'Afrique *; et en même temps, pour mieux marquer au nouveau stratège sa faveur et sa confiance, il lui avait donné pour lieutenant et pour collaborateur le patrice Grégoire, propre frère d'Héraclius*. Lorsque la révolution de novembre 602 fit monter

Page 1