Nicéph., p
6. Nicéph,, p. 3; Théophane^p. 295, 297-298, qui l'appelle Grégoras.
Phocas sur le trône de Byzance, le nouveau prince n'osa point tenter en Afrique ce qu'il paraît avoir fait en Italie * : sentant probablement le besoin de ménageries puissants personnages qui commandaient à Carthage, craignant, par une destitution brutale, de provoquer dans la lointaine province un soulèvement dont le premier effet serait de couper les vivres à la capitale, Phocas maintint dans leurs fonctions l'exarque et son frère; pourtant il ne réussit point à se concilier ainsi leur dévouement. A l'égard du nouveau régime, Iléraclius paraît en tout temps avoir gardé une réserve extrême ; et bientôt, à mesure que la tyrannie de Phocas devenait plus sanglante, son attitude se fit plus nettement hostile. Il ne pouvait, pas plus que son frère, oublier le cruel assassinat de cet empereur Maurice auquel il devait tout ce qu'il était, ni le meurtre inutile de toute la famille de son bienfaiteur, ni tant d'autres atrocités ■; l'éloignement de sa province l'engageait, d'autre pari, à braver plus ouvertement le basileus* ; aussi finit-il par en venir à une rupture presque déclarée: en 608, il retint à Carthage les vaisseaux qui annuellement portaient à Constantinople les blés de la province * . Dès lors, pour tous les adversaires du tyran, l'exarque apparut comme le sauveur de l'empire ; de toutes parts on lui adressa les sollicitations les plus pressantes; les mécontents d'Egypte tournèrent les yeux vers lui *; le sénat de la capitale le supplia secrètement d'intervenir®; le gendre même de Phocas, Priscus, comte des excubiteurs et préfet de la ville, écrivit au patrice pour lui demander de mettre un terme aux sanglantes fureurs du basileus \ A la vérité, pour tenter cette redoutable aventure, le stratège se sentait bien fatigué et vieilli; mais, à côté de lui,