‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 464 sur 539 · d., p. 295; Nicéphore, p · texte numérisé non relu

d., p. 295; Nicéphore, p

I/AFRIQUE SOUS LE RÈGNE D'IIÉRACLIUS (610-641) niO

pour soutenir son courage, il avait son fils Héraclius, son neveu Nicétas, tous deux désireux de porter secours à l'empire en détresse, tous deux profondément émus par les terribles nouvelles qui arrivaient de Byzance, par les désastres qui coup sur coup frappaient la monarchie et amenaient jusqu'à Chalcédoine les armées victorieuses de Chosroès * ; sous la main il avait une belle flotte de guerre, une armée dévouée, une province toute prête à lui fournir les levées nécessaires pour grossir le chiffre de ses soldats. Pourtant, tout en accueillant les ouvertures faites, tout en encourageant les mécontentements ■, l'exarque hésitait à prendre parti ; pendant plus d'une année, il se contenta de faire de menaçants préparatifs, lorsqu'un dernier incident acheva de précipiter ses résolutions. La femme du patrice, Epiphania, se trouvait à ce moment à Byzance, accompagnée d'Eudocie^ la fiancée de son fils; Phocas, espérant ainsi s'assurer de précieux otages, crut habile de faire arrêter les deux femmes et de les faire emprisonner dans un monastère *. Tout au contraire, cet acte de violence hâta le dénouement. Aussi bien les circonstances étaient singulièrement favorables. Ace moment même, Alexandrie se soulevait, et bientôt toute l'Egypte, travaillée de longue main par l^s émissaires de l'exarque, suivait l'exemple de la capitale *; la Tripolitaine et la Pentapole s'agitaient, prêtes à se donner à l'insurrection ; les tribus berbères, gagnées par de larges subsides, se prononçaient ouvertement pour Héraclius* ; les gouverneurs impériaux eux-mêmes n'attendaient qu'un signal pour abandonner Phocas •. L'exarque se décida à agir par les armes. Une forte avant-garde alla prendre possession de la Pentapole '; et, à sa suite, Nicétas, le fils de Grégoire,

Page 1