‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 466 sur 539 · Chron. pose, p. 708; Nicéph., p · texte numérisé non relu

Chron. pose, p. 708; Nicéph., p

avait pris Tinitiative da mouvement insarrectionnel, mais ses habitants s'étaient àl'envi enrôlés sous les drapeaux d'Héraclius ; non seulement la population des villes lui avait avec empressement fourni des soldats^, mais àTappelde l'exarque les tribus indigènes elles-mêmes avaient envoyé leurs contingents pour servir sur la flotte et dans Tarmée ' ; et, après la victoire, la province, légitimement fière d'avoir donné un souverain à Byzance, multipliait à Tégard de la dynastie nouvelle les marques de son dévouement >. A ce titre déjà, l'Afrique eût mérité la reconnaissance toute particulière et la faveur du nouveau prince ; d'autres raisons par surcroît la recommandaient tout spécialement à sou affection: c'est à Garthage qu'il avait passé les plus belles années de sa jeunesse, s'instruisant, sous la direction de son père, au métier d'homme de guerre et d'administrateur; c'est en Afrique qu'il avait rencontré et aimé Eudocîe, la fille de Rogatus, dont la captivité, on Ta vu, n'avait pas peu contribué à précipiter le soulèvement, et dont, au lendemain de sa victoire, il fit en un même jour sa femme et l'impératrice de Byzance *; et quoique la jeune souveraine soit morte après deux années seulement de mariage, quoique Héraclius semble s'être assez vite consolé de sa perte, pourtant il garda toujours un réel attachement au pays qui avait été le berceau de ses premières ambitions et de ses premiers rêves. On en trouve une preuve fort curieuse dans la résolution que l'empereur manqua prendre en 619.

La situation de l'empire en Orient semblait à ce moment presque désespérée. Coup sur coup, les Perses, venaient de conquérir la Syrie, la Palestine, l'Egypte'*; de nouveau les

1. On peat voir dans Jean de Nikiou, p. 553, une preuve de l'intérêt passionné que l'Afrique prenait à Texpédition d'fléraclius.

2. Théophane, p. 298; Nicéph.,p. 3: Ix tûv ''Açpciïv xat Mavpou(T{(Dv ; Jean de Nikiou, p. 541, 551.

3. Quand Héraclius parvint à rempire> les gens d'Afrique, dit Jean de Nikiou, proclamaient ses mérites en disant : Cet empereur Héraclius sera comme Auguste » (Jean de Nikiou, p. 552).

4. Théophane, p. 298 : tt|v OuyaTépa ToyS xoO ''Açpou, et iàid., 299.

5. id.,p. 301; Nicéph.,p. 9. Sur la date de ces événements, cf. Gelzer, Chai'

soldats deChosroès campaient en face de Gonstantinople, sous les murs de Chalcédoine * ; et comme si ce n'était pas assez de ces cruels désastres, d^autres misères s'abattaient sur Byzance : les blés d'Egypte manquant, la famine se déclarait dans la capitale; bientôt la peste venait y ajouter ses ravages ■ ; il semblait vraiment que Dieu, qui avait permis que, dans le sac de Jérusalem, la sainte croix tombât aux mains des infidèles, se fût pour toujours détourné de son peuple. Héraclius, profondément abattu par tant de catastrophes, ne sachant où trouver les ressources nécessaires pour sauver Tempire, songea un moment à abandonner pour toujours cet Orient qu'il ne pouvait plus défendre ; et se souvenant dans cette crise décisive du dévouement que l'Afrique gardait à sa famille, il pensa à transporter à Carthage la capitale de la monarchie '. Secrètement, il fit embarquer à destination de l'Occident les richesses du trésor impérial ; un ouragan engloutit les navires, comme si Dieu même se prononçait contre

kedon oder Karchedon {Rhein. Muséum, 1893), p. 171, 173, et pour la prise d'Alexandrie, Thomas presbyter (Land, Ânecdota Syriaca, 1, 115).

1. Théophaoe, 301. De Boor lit Kap^YiSùv au lieu de KaXxT,dcdv et Bary (H, p. 216, n. 3; se demande si vraiment il ne s'agit pas de Carthage, à caase du mot Ai6uY] qui figure dans ce passage de Théophane, et s*il n*y a pas quelque rapport entre ce fait et le dessein d'HéracIius d'émigrer à Carthage. Mais Nicéphore (p. 9) parle nettement de Chalcédoine et la Chronique pascale (p. 706) précise en écrivant : « à Chalcédoine et aux environs de Chrysopolis ». Sur cette discussion, cf. de Boor, Zur Chronographie des Theophanes {Hermès, 1890, t. XXV, p. 301), qui admet Texpédition des Perses sur Carthage, et Gelzer, Chalkedon oder Karchedon (Rhein. Muséum, 1893, p. 163) qui démontre qu'il s'agit de Chalcédoine dans le texte de Théophane. On peut citer en faveur de celte opinion le passage de Tabari (Nôldeke, p. 291-292) où il est dit que les Perses occupèrent « l'Egypte, Alexandrie et la Nubie », sans qu'il soit question de l'Afrique. Toutefois, à un autre endroit, Tabari emprunte à Hisam ben Mohammed el-Kelbi (mort en 820), celte information, que « la cavalerie de Chosroès II parvint jusqu'à Constantin opie et enlfrikiya » (Nôldeke, p. 352).

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