Nicéphore, p
3. Morcelli, III, p. 358, croit que, dès 615, Héraclias pensa à envoyer ses enfants en Afrique près de son père et à abdiquer. Cette erreur vient de ce qu'on a mal compris le passage de la Chronique pascale (p. 708) ; il s'agit évidemment dans ce texte de l'hésitation qu'Héraclias eut en 610 à accepter l'empire.
les desseins du basileus. Néanmoins Héraclius s'obstinait à partir: mais quand le peuple de Constanlinople apprit cette résolution, ce fut dans la ville une consternation générale; solennellement le patriarche Sergius vint rappeler au prince les devoirs qu'il semblait près d'oublier, et dans Sainte-Sophie, au pied des autels, il exigea de l'empereur le serment de ne jamais abandonner sa capitale. Héraclius céda, quoique à regret, aux désirs de ses sujets et à l'énergique volonté de Sergius * : il en devait être récompensé par un regain de gloire. Pendant quelques années, la fièvre religieuse allait faire de lui le sauveur du christianisme et de l'empire, et, suivant l'expression d'un de ses panégyristes, le champion et le « lieutenant de Dieu » •.
Après cet épisode significatif, il n'est plus fait mention de l'Afrique dans aucun des historiens du règne d'Héraclius. Pourtant quelques indices épars attestent Timportance qu'eut toujours la province aux yeux de l'empereur, et sa sollicitude se manifeste en particulier dans le choix des personnages qu'il appela à la gouverner. Au lendemain de la révolution de 610, le père de l'empereur, le vieil Héraclius, conserva la charge d'exarque qu'il remplissait depuis tant d'années, et il demeura en fonctions jusqu'à sa mort. Jean de Nikiou raconte en effet que, peu de temps après le couronnement de son fils, « Héraclius tomba malade et mourut au siège même de son gouvernement » *. Faut-il croire, comme on l'a affirmé, qu'apfès la mort du patrice Héraclius *, on plaça à la tête de l'exarchat Grégoire, son frère et son ancien lieutenant, et qu'on nomma, dans ce gouvernement de l'Occident lointain, le propre oncle de l'empereur ^ ? Bien qu'aucun texte ne