P. G., XC, p
L'AFKIQUE sous le règne D*HÉRAGLUJS (610-641) 527
fils, Constant II, pensait à rétablir à Rome la ca^pitale de la monarchie, et, en fait, il transportait pour six ans en Sicile le siège de l'autorité impériale *.
Et en effet, des rares événements qui nous font entrevoiries destinées de TAfrique byzantine dans la première moitié du vu® siècle, on peut conclure que jamais la province ne fut plus tranquille et plus florissante*. Pour qu'en 610 Texarque Héraclius n*ait point hésité à dégarnir TAfrique des forces nombreuses qu'il confia à son fils et à son neveu, il faut évidemment que le pays ait été parfaitement calme ; et la facilité avec laquelle le gouverneur révolté recruta des soldats parmi les indigènes atteste qu'à cette date les tribus berbères étaient entièrement soumises. Pour qu'en 619 l'empereur Héraclius, qui connaissait par un long séjour la situation des provinces africaines, ait songé à transporter à Carthage le siège de la monarchie, il faut qu'à ce moment le pays ait été complètement pacifié et singulièrement prospère ; on ne comprendrait point sans cela que le prince eût pensé à chercher dans TOccident un sûr et tranquille asile, qu'il eût espéré y trouver les éléments d'une sérieuse et durable résistance. Et, de fait, nous constatons qu'à cette date l'influence byzantine semble s'étendre au loin à travers TAfrique. Grâce à l'active propagande des missionnaires, de toutes parts les conversions se sont multipliées. Dans le sud de la Byzacène, de nombreuses populations chrétiennes habitent les oasis du Djerid ^; lareligion catholique pénètre parmi les tribus de l'Aurès et du Zab '" ; dans laMaurétanie Césarienne, les Zenata qui peuplent la région au sud de Tlemcen professent le christianisme ^ ; la puissante confédération desAuraba est convertie à l'orthodoxie *; un grand état indigène et catholique existe aux environs de