Ibid., I, p
Tiaret *. Et non seulement des chrétientés se rencontrent dans rintérieur de la Maurétanie Césarienne et de la Tingitane ; mais — et voilà qui est vraiment significatif — les évoques de ces diocèses lointains viennent assister aux conciles de Carthage ■. Or ce fait demeure inexplicable, si Ton n'admet deux choses: d'une part, qu'une paix profonde, sans laquelle les communications eussent été proprement impossibles, régnait alors en Afrique ; de Tautre, qu'entre les princes berbères de la Césarienne et l'autorité impériale existaient des relations cordiales^ sans lesquelles les évèques n'auraient pu entretenir nul rapport avec les prélats du pays byzantin *.
On peut croire également qu'au point de vue matériel, ia province était riche et prospère. D'activés relations de commerce existaient entre l'Afrique et l'Egypte*, entre l'Afrique et la Sicile* : les vaisseaux de Carthage portaient, on l'a vu, chaque année à Byzance une partie des blés nécessaires à Talimentation de la capitale; et l'état où se trouvait l'Afrique, au moment de l'invasion arabe, atteste qu'elle avait complètement réparé les désastres de l'époque de Justinien. Les écrivains musulmans parlent avec enthousiasme de la luxuriante végétation de l'Afrique, de la richesse de ses villes, du butin prodigieux qu'y trouvèrent les soldats du khaUfe, des rançons immenses dont les populations achetèrent la retraite des envahisseurs. « Depuis Tripoli jusqu'à Tanger, dit En-Noveiri, tout le pays n'était qu'un seul bocage et une succession continuelle de villages » * ; et Ibn Abd-el-Hakem raconte cette anecdote caractéristique : « Voyant les pièces monnayées qu'on avait mises en tas devant lui^ Abdallah