n-Noveiri (Joum. osiaL, 1841), p
ibn Saad demanda aux Africains d'où cet argent leur était venu; et Tun d'entre eux se mit à aller de côté et d'autre, comme s'il cherchait quelque chose, et, ayant trouvé un^ olive, il l'apporta à Abdallah. « Les Grecs, répondit cet homme, n'ont pas d'olives chez eux, et ils viennent chez nous acheter de l'huile avec ces pièces de monnaie *. » Certes il y aurait quelque naïveté à prendre entièrement à la lettre les merveilleux récits des historiens arabes ; cependant, il est permis de croire qu'il y a ici, dans leurs affirmations, un fonds de vérité. Dans les steppes aujourd'hui désertes qui s'étendent au sud de Kairouan, dans les vastes plaines abandonnées qui bordent les versants septentrionaux de l'Aurès, dans la région montagneuse qui couvre le centre de la Tunisie, à chaque pas, on rencontre les ruines de villes, petites ou grandes, de gros villages, de vastes et nombreuses exploitations agricoles ; or, nous avons la preuve que, malgré la guerre et les ravages des nomades, la plupart de ces points étaient occupés encore vers le milieu du vn« siècle : c'est de celte époque en effet que datent en grande partie les fortins qui s'élèvent au centre ou à proximité de chacune de ces ruines. Toute cetle vaste région, où l'on ne rencontre plus guère de nos jours que des campements de nomades, était alors, en grande partie^ habitée d^une manière permanente et mise en culture par de laborieuses populations : au xi^ siècle encore, dans les environs de Gafsa, on comptait « plus de deux cents bourgades florissantes et bien peuplées » * ; à Sbiba «r les eaux abondaient ainsi que les fruits »; dans la vaste plaine déserte qui environne Kairouan, le pays était admirablement fertile*; de Kairouan jusqu'à Ebba, c'était une succession continuelle de « villages et de lieux habités »^; à Djeloula, à Lorbeus, où aujourd'hui il ne reste rien, on voyait de magnifiques jardins