‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 477 sur 539 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Vers le milieu du w\^ siècle, la dominalion byzantine s'étendait encore, au moins en apparence, sur la plus grande partie des territoires qui, cent ans auparavant, reconnaissaient Tautorité impériale. En Tripolitaine, les garnisons grecques occupaient les villes du littoral, Tripoli, Sabrata, Gabës'; les frontières de la Byzacène atteignaient, comme autrefois^ le bord septentrional des Ghotts, et parmi les villes importantes de la province on citait, sur la côte, lunca, Thenae, Ruspae, Leptis, Hadrumète', et, dans Tintérieur des terres, Thysdrus, Autenti, Sufetula, Thélepte, Capsa*. En Numidie, les Byzantins possédaient toujours les puissantes citadelles construites au vi® siècle au pied des massifs de

1. Ibo Abd-el-Hakem (Joum. anal., 1844, p. 357-359); En-Noveiri (Jourtu asiat.f 1841, p. 102) ; Fooroel, Uê Berbera, I, p. 18 et 22 Dote e. S. Labbe, VI, 138-139.

S. 7(2., VI, 138-139; Eo-Noyeiri, l. c, p. 109.

les Arabes envahissaient TÉgypte, et le contre-coup de ce grave événement se faisait sentir jusque dans l'exarchat*. Fautil croire qu'à cette date la Tripolitaine, devenue ainsi, contre rinvasion musulmane menaçante, le boulevard avancé de la province, fut, comme au temps de Ju^tinien, replacée sous l'autorité suprême du patrice qui résidait à Carthage? Les historiens arabes affirment que l'autorité de Texarque Grégoire s'étendait de Tripoli jusqu'à Tanger ', et il semble assez vraisemblable qu'on ait, à ce moment, concentré entre les mêmes mains toutes les forces byzantines cantonnées dans le nord de l'Afrique. Mais contre le danger pressant, Texarchat étaitil vraiment capable de faire une' sérieuse résistance? En apparence, la province était prospère: la domination, ou tout au moins rintluence byzantine, s'étendait au loin dans le pays; l'administration demeurait constituée selon les principes flxés à la fin du vi* siècle *. En fait, des causes internes de désorganisation préparaient lentement en Afrique la ruine de l'autorité impériale, et elles devaient avoir pour effet de livrer la province presque sans défense à la première attaque des musulmans.

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