‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 480 sur 539 · Id , Bull.de Corr. afr , III, p · texte numérisé non relu

Id , Bull.de Corr. afr , III, p

seul fait suffit pour attester la profonde désorganisation de l'Afrique byzantine au milieu du vn» siècle ; c'est la reconstitution — celle-là incontestable — de la nationalité berbère, se groupant en de puissants États presque indépendants de Tempereur.

D'autres causes encore, et plus graves, préparaient dans Tei^archatla chute de la domination grecque.

La querelle du monothélisme» qui depuis plusieurs années troublait profondément Tempire byzantin, avait eu, en Afrique comme en Italie, un retentisSipmcnt considérable. L'Occident tout entier s'était ému et scandalisé de VEcthesis publiée par Héraclius, des lettres par lesquelles le patriarche Pyrrhus essayait de conquérir des adhérents à la doctrine nouvelle ' ; et les populations africaines, qui^ suivant l'expression d'un contemporain, <( ne pouvaient pas même supporter d'entendre le nom de Thérésie* », avaient accueilli avec indignation les innovations que l'empereur tentait en matière de foi. Les évoques de la province déclaraient, non sans quelque dédain, « que toutes ces nouveautés naissaient d'un amour malsain de la gloire, et que leurs auteurs les imaginaient uniquement pour paraître plus subtils, plus perspicaces, plus sages que le commun de leurs frères * » ; pour eux, fermement attachés aux traditions de l'orthodoxie, ils se piquaient de suivre en toutes choses les instructions du Siège apostolique ^ ; et groupés autour de leurs pasteurs, non moins attentifs qu'eux à écouter les conseils qui venaient de Rome, les fidèles étaient prêts à résister contre toute entreprise faite sur leur foi. fia-

i, p. L., LXXX, 603, 606.

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