‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 481 sur 539 · d., VI, 128. 156; P. G , XCl · texte numérisé non relu

d., VI, 128. 156; P. G , XCl

bitués de long^ue date à regarder vers Rome plutôt que vers Byzance, ils se sentaient maintenant plus éloignés encore d'un empire qui blessait leurs convictions religieuses les plus chères ; étroitement attachés à l'Église par Tardeur de leurs croyances et l'enthousiasme d'une résistance commune, sans trouble ils voyaient se relâcher les liens qui les rattachaient à la monarchie ; pour défendre la pureté de l'orthodoxie, ils étaient disposés à tout, même à une rupture ouverte, et d*avance tout acquis à quiconque les sauverait de Thérésie. Dans ces conditions, les moindres incidents pouvaient devenir graves et entraîner pour la domination byzantine en Afrique des conséquences irréparables.

Or, vers 640, les progrès de l'invasion arabe eurent pour effet — assez inattendu — d'engager à fond la province dans la lutte. religieuse. La conquête de la Syrie et de l'Egypte par les musulmans faisait à ce moment refluer vers l'Afrique une masse de populations chrétiennes, fuyant devant l'épée des /

envahisseurs : en particulier un grand nombre de prêtres, de moines, de religieuses venaient demander à Carthage un asile et des secours V Le préfet Georges, qui à ce moment dirigeait l'administration civile de la province % était un homme

1. Migoe, P. G., XCr, 459, 466, 462. La lettre de Tabhé Maximo, à laquelle D0U3 empruntons les détails qui vont suivre, se rapportai de toute évidence à TAfrique et à la date de 641. Les faits que raconte le moine se sont passés en novembre de la XV* indiction : cette date convient également à 641 et à 626 ; mais si l'on accepte 626, les événements deviennent peu iutellifj[ibles, et Maxime k ce moment n'était d'ailleurs point encore en Afrique. Mais tout cet épisode uc doit-il point se placer à Alexandrie ? c'est fort douteux. Outre que le préfet Georges est nettement nommé ëicapxo; 'Açpix9î; (P. G., XCl, 364) Tabbé parle expressément dans sa lettre : 1» des gens qui habitent TauTY]v ty)v *A9p(i>v */(i>p2v, et ces termes désignent d'ordinaire l'Afrique propre (cf. Labbe, VI, 127,131, 131, 139); 2<' des fugitifs àicb 'AXs^avSpstaç, ce qui place bien les événements eu Afrique. Enfin nous connaissons fort exactement les noms des préfets d'Egypte pendant les années 640 et 641. En 640 le titulaire de la préfecture se nommait Anastase (Jean de Nikiou, p. 535, 574); ce personnage fut rappelé par Constantin III (entre février et mai 641) et remplacé par Théodore (t6td., p. 564, 573, 576), qui était encore en fonctions en 642. Jean de Nikiou nomme à la vérité an préfet Georges en 640 (p. 559), mais c'est le gouverneur de la ville d'Héliopolis.

2. Il portait, 11 semble, le surnom de Glykas {P. G , XCI, p. 392). Ma.^ime

charitable et bon, plein de bienveillance pour les pauvres, les faibles, les misérables, protégeant de toussesefTorlsIesinslitu* tions de bienfaisance, et que sa vive piélé intéressait tout particulièrement aux infortunes de rÉglise \ Véritable « flambeau de vertu », comme le dit un écrivain contemporain', toujours prêt à donner libéralement, surtout lorsqu'il s'agissait du bien de la religion et des monastères, ce personnage fit le meilleur accueil aux exilés ; et sans compter il leur assura des abris et le moyen de vivre, reconstituant les congrégations dispersées, dotant largement les fondations nouvelles, comblant les religieux de ses bienfaits 3. Malheureusement, à côté des nombreux moines orthodoxes ainsi reçus dans la province, beaucoup de Syriens, beaucoup d'Égyptiens venus d'Alexandrie et des couvents de la Libye professaient Thérésie monophysite, fort répandue dans ces régions : ils se mirent sans tarder à faire une active propagande en Afrique, et les femmes surtout s'y employèrent avec un zèle tout particulier. Bientôt des scandales éclatèrent : on parla de jeunes filles converties contre le gré de leurs familles et soustraites ensuite à toutes les recherches de leurs parents ; on parla de baptêmes sacrilèges, de cérémonies expiatoires, si bien que le préfet dut intervenir \ d'ailleurs sans obtenir aucun résultat. Bientôt, dans Torthodoxe Afrique, le peuple commença à murmurer contre les agissements des novateurs, et le zèle religieux s'exaspéra à ce point qu'on put craindre de voir une émeute éclater contre les hérétiques. Le préfet, d'accord avec l'archevêque de Carthage, se décida à faire un rapport à l'empereur ; en même temps il mettait au courant de l'affaire le patriarche de Conslantinople et — chose plus remarquable — Tévêque de

joue YoloDtiers sur les Doms propres {ibid.^ 512, 534), mais le seul oom Je Georges lui eût fourni d'autres jeux d'esprit (cf. ibid., 626) ; il faut donc attacher quelque valeur au teste : tov ovtck); yXuxuv xat ôpcoiuvov «at

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