Ibid
ménager un bon accueil à la cour; Tabbé Maxime suppliait un familier de Timpéralrice de mettre en jeu toute son iufluence pour qu'on renvoyai le préfet en Afrique * : d*après lui, c'était plaire à Dieu et rendre à l'empereur un service éminent, de faire réintégrer dans ses fonctions « ce serviteur dévoué de la monarchie » *. On a vu où s'arrêtait au jusle cette fidélité si vantée, et c'était assurément chose grave que le principal tilre du préfet à la sympathie de l'Afrique fût précisément sa résistance aux ordres d'un empereur suspect d'hérésie.
Dans l'aventure que nous venons de raconter, un des plus fermes soutiens de l'orthodoxie avait été un moine venu depuis quelque temps d'Orient en Afrique, le fameux abbé Maxime,quidevait, dansla querelle du monothélisme,jouerun rôle si considérable. Né en 580 à Byzance ^, il avait d'abord été attaché à la chancellerie impériale, et avait tenu une assez grande place à la cour d*Héraclius; puis, à une date que nous ignorons, mais qui parait antérieure à 626 \ il avait embrassé la vie monastique; et depuis lors on l'avait, dans tout l'Orient, trouvé partout où il y avait une hérésie à combattre ^ Il était à Alexandrie avec l'abbé Sophronius au moment où le patriarche Cyrus s'efforçait, par la formule monothélite, de rétablir l'union en Egypte ; et, comme son fougueux ami, il s'était nettement prononcé contre les auteurs de ces nouveautés perverses/. Plus tard, voyant le progrès que faisait dans tout l'Orient la funeste doctrine, il s'était transporté en Occident,
2 Ibid,, 648.
3. 11 avait soixante-quinze ans en 655 (P. 0., XG, 127). Cf. Vita(ibid., 70).
4. Il semble en effet que les allusions qu'il fait à sa fuite devant Tinvasion ennemie se rapportent au moment où les Perses vinrent assiéger Constantinople en 626 (P. G., XCI, 446, 622). Elles n'ont de sens qu'à ce moment, et Combefis s'est trompé en y cherchant l'explication du séjour de Maxime en Afrique (F. G., XC, 224-223). tlles datent du moment où il avait quitté le couvent de Chrysopolis pour se retirer en Egypte.