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tant restituer à chacun ce qui lui appartenait, Tempereur permettait à beaucoup de gens de s'emparer traîtreusement du bien d'autrui » *. Il y avait là un état de choses assez grave pour que, en 835, Justinien jugeât nécessaire d'intervenir, et de limiter à la troisième génération les droits qu'on pourrait utilement faire valoir •; mais le mal était commis et il devait avoir d'assez graves conséquences. D'autre part, Tintolérance religieuse portait ses fruits : malgré l'ardeur de sa piété, l'empereur avait compris que quelques concessions étaient nécessaires et que l'intérêt commandait de traiter avec ménagement les prêtres ariens, dont l'influence était grande. Justinien inclinait donc h conserver dans leurs charges et dignités les membres du clergé hérétique qui reviendraient à l'orthodoxie '. Mais cette indulgence politique sembla intolérable aux évêques africains : le concile de Carthage protesta, le pape blâma l'empereur d'admettre un compromis aussi condamnable \ et il fallut en passer par sa volonté. Le résultat fut plus grave qu'on ne pensait : les prêtres ariens excommuniés firent à l'autorité byzantine une opposition irréconciliable, et comme ils comptaient encore, dans le pays et jusque dans rarmée* , un assez grand nombre d'adhérents, ce fut une nouvelle cause de trouble et de désorganisation ajoutée à toutes celles qui paralysaient la défense.
Une chance favorable pourtant restait à la cause impériale : c'était l'heureux choix qu'avait fait l'empereur pour donner un successeur à Bélisaire. Parmi les officiers qui avaient fait la campagne d'Afrique^ iiul n'était plus apte à achever la conquête que l'ex-consulSolomon. Arménien d'origine, il était né au bourg de Solachon, près de Dara* ; il avait suivi l'expédition d'Afrique en qualité d'adjoint du général en chef, avec le titre