Lib, pontif., p. 33f
chîe ^ En moins de six ans, les musulmans avaient conquis la Syrie, la Palestine, TÉgypIe, la Cyrénaïque, la Tripolitaine, et les Byzantins avaient fait d'inutiles efforts pour reprendre leurs possessions perdues '. Dans ces conditions, la tentation était grande pour le puissant gouverneur d'Afrique de se séparer du faible et lointain empire qui semblait incapable de défendre ses sujets ; tout Ty encourageait à la fois, et les velléités d'indépendance manifestées tant de fois avec impunité par ses prédécesseurs, et la certitude de trouver aisément parmi les populations indigènes des alliés prêts à servir quiconque saurait les acheter, et le mécontentement profond que les luttes religieuses avaient soulevé dans la province contre l'autorité du basileus. Grégoire, au contraire, était un champion fervent de l'orthodoxie; il avait protégé l'abbé Maxime et soutenu ses efforts pour amener le patriarche Pyrrhus à se rétracter ', il était à ce titre fort aimé des populations et de rÉglise africaines, et à Rome même, le pape Théodore lui manifestait quelque sympathie *. S'il est vrai enfin qu'il fût apparenté à la famille impériale, cette illustre origine devait achever d'exciter son ambition : dans cette hypothèse, on peut croire quïl n'avait point vu avec indifférence la mort de Constantin III, son beau-frère, probablement empoisonné par les ordres de l'impératrice Martine, et que son hostilité s'en était accrue contre le parti monothélite qui maintenant dominait à la cour *. On peut croire aussi que sa haine avait été entretenue avec soin par les amis et les conseillers du prince défunt, dont le fidèle confident Philagrius avait été, après la
i. Théophane, p. 343; Jean de Nikiou, p. 382.
2. Eq 64) ils avaient éproaré un échec en Egypte (Weil, /. c, p. i58-i59).