‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 494 sur 539 · Labbe, VI · texte numérisé non relu

Labbe, VI

4. Ifnd,y 129 : « quia vero in qaaiiidam suspectionem oostra ÂfHcana a loaliguis hominibus apud regiam civitatem recilata est provincia. •>

méchantes gens accusent faussement les Africains « de nourrir certains mauvais desseins^ qui ne sont point fondés en vérité * ». Il se peut en effet que le clergé ait vu avec quelque appréhension, en face du péril arabe croissant chaque jour, un soulèvement qui énervait la résistance, qu'il n'ait point, malgré Tacuité des luttes religieuses, envisagé sans quelque regret la perspective d'une rupture avec Tempire chrétien. En tout cas, les populations semblent s'être jetées avec empressement dans la révolte, et non seulement les Africains romanisés paraissent avoir soutenu lepatrice ; les tribus berbères aussi embrassèrent le parti de l'exarque*, et c'est peut-être pour se rapprocher de ces alliés que Grégoire, quittant Carlhage, alla fixer sa résidence à l'intérieur des terres dans la grande et riche ville de Sufetula *. Aussi bien était-ce là une admirable position stratégique pour défendre sa souveraineté toute fraîche contre l'ennemi qui déjà la menaçait.

En effet, pendant que Grégoire se proclamait empereur, pendant qu'enorgueilli de sa grandeur nouvelle, il faisait, en signe de son indépendance, substituer sur ses monnaies son effigie à celle du basileus ^, un danger redoutable s'approchait de l'Afrique. Du jour où les Arabes avaient conquis l'Egypte, ils avaient pensé à continuer leur marche victorieuse vers l'Occident; en 642 ils avaient occupé Barca et la Cyrénaïque, l'année suivante ils avaient soumis la portion orientale de la Tripolitaine, emporté Tripoli d'assaut, pillé Sabrata *, et peutêtre poussé leurs ravages, jusqu'à la partie orientale du Fez-

1. Labbe, VI, 15B : « inalorum... falsislocutioaibus dictuin fuisse nostram AfricaDam provinciampo&se aliqua, quae ia vero dou consistuiit, mala peragere . »

2. ThéophaQe,p.343, dit qae Grégoire se souleva aùv xol; ''A^poi;. De Boor a compris à tort qu'il s'agissait d'une révolte contre les Arabes (Théopli., Index^ vis «Açpoi et rpYjyépioç). Cf. Ibn Khaldoun, I, p. 209; 111, p. 191.

3. Cf. FourDelJ, p. 112-113. Je ne saisoùMcrcinr (/. c , l.p. 196)prend qu'uu exarque envoyé de Constanliuople viut dès 646 occuper Carthage. Ou trouve la même erreur dans les plus récents manuels (Lavisse et (lambaud, Histoire générale^ I, 474). DeSlane {HisL des Berb.^ Introd., I, p. xix) croit également que Carthage et la Zengitane demeurërenl fidèles à l'empire.

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