‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 496 sur 539 · Ibn Abd-el-tiakem, /. c, p · texte numérisé non relu

Ibn Abd-el-tiakem, /. c, p

5. Le récit d'Eu-Noveiri, suivi bieo à tort par Mercier (A c, I, p. 197- 199), se trouve daus le Journal asialique, 1841, p. 103-111. Il a été fort justemeut critiqué par de Slane, Lettre à M, Hase {Journal asiatique^ 1844, p. 329- 365). A ce roman, qui date d ailleurs du xiv* siècle, il faut préférer les récits plus simples d'Jbn Abd-el-Hakem et d'El-Beladori, qui ëcrivaieut au niiliea du ix« siècle. Ils sont publiés dans le Journal asiatique, 1844, p. 354-364 et 351-354. Cf., aussi. Fouruel, I, p. 110-113 ; Amari, Storia dei musulmani di Sicilia, l, p. 109-111 ; Weil, /. c, I, p. 161.

0 Isidore Paceusis, 16 (/'. X.., XCVl, 1258-1259); Tbéophaue, p. 343.

LES CAUSES INTEHNES DE LA DÉGADEiNCG 559

les villes fortes du liltoral^ semblent s'ôtre jetés en pillant tout dansTintérieur de la Byzacëne, Grégoire, appelant à lui les tribus berbères, menacées autant que les Grecs par les progrès deTenvabisseur, se porla avec une forte armée en avant de Sufetula. Je n ai pas besoin de dire avec quelle défiance il faut accueillir les chiffres formidables de 120,000 ou même de 200^000 hommes auxquels les historiens arabes évaluent les forces du patrice ; je ne m'arrêterai point davantage à refaire le récit, singulièrement fantaisiste, qu'ils nous ont donné de la grande et sanglante bataille livrée dans la plaine de Sbeitla. A toutes les invitations qui lui furent faites d*embrasser Tislalisme et de payer tribut au khalife^ Grégoire avait répondu avec fierté en faisant appel aux armes ^ Pendant quelques jours les deux armées demeurèrent en présence; enfin le combat décisif s^engagea : ce fut un désastre pour les Byzantins. Sous le choc furieux des musulmans, les troupes du patrice plièrent et s'enfuirent; lui-même, combattant en désespéré, périt, dit-on, dans la lutte, peut-être de la main d'Abdallah ibn Zobéir, qui fut en récompense chargé d'aller à Médine annoncer la victoire au khalife *. Quant à la fille de Grégoire, à la belle et intrépide amazone, qui combattait à côté de son père, et dont la main avait été promise, d'après la légende, par l'exarque à celui qui tuerait Abdallah ibn Saad, et par le général musulman à celui qui abattrait le patrice, son destin, si tant est qu'elle ait existé, fut plus simple, sinon moins dramatique. Faite prisonnière, et devenue l'esclave d'un des guerriers vainqueurs, elle se tua en se jetant à bas du chameau où elle avait été placée (647) '. La bataille de Sbeitla et la mort de Grégoire livraient TA-

i. En-Noveiri, /. c, p. 103.

2. Cf. Amari, /. c, p. 110-111; Weil, /. c, p. 161 ; Tauxier {Revue afric,^ 1885, p. 30C-301) croit au contraire que le patrice fut {tris et ridenlifie avec le (>régotref neveu d'Héraciius, qui eu 651-652 mourut à Héliopolis. J'ai discaté plus haut et écarté cette conjecture.

3. ibn Abd-el-IIakeui, /. c, p. 362-363. Cf. Noveiri, /. c, p. 105-109, et le Kilab-el'Affhani (Journal asiatique, 1844, p. 341-343).

frique byzantine à la discrétion de Tenvabisseur. Sans tarder, les musulmans mirent le siège devant Sufetula, et la ville, emportée d'assaut, fut pillée et cruellement dévastée; en même temps, les légers cavaliers arabes, se répandant dans tout le sud de la Byzacène, portaient leurs ravages jusque dans la région de Gafsa et dans les fertiles oasis du Djerid ^ Mais, du côté du nord, ils se heurtèrent à de plus sérieux obstacles; les Grecs s'étaient retirés et retranchés dans les places fortes qui formaient la seconde ligne de défense de la province et semblaient prêts à y opposer une solide résistance. Or les Arabes, comme les Berbères, étaient peu experts dans l'art des sièges; satisfaits d'ailleurs du butin énorme qu'ils avaient ramassé, ils ne songeaient qu'à mettre en sûreté leurs richesses; quand donc les Byzantins firent proposer à Abdallah ibn Saad d'acheter sa retraite à prix d'or^ le général musulman consentit volontiers à entrer en négociations •. On lui paya, disent les historiens arabes, trois cents talents d*or, suivant les uns, deux millions cinq cent mille dinars, suivant les autres, en tout cas, et quelle que soit l'exagération de ces chiffres, une somme considérable ' ; on convint que ses soldats garderaient tout le butin qu'ils avaient fait * : à ce prix, Abdallah ibn Saad consentit à évacuer le pays, et s'en retourna en Egypte, « sans laisser de gouverneur, dit Abd-el-Hakem, et sans établir de cairewan » *. C'était une simple razzia que les musulmans étaient venus faire en Afrique ; ils ne songeaient point encore à ce moment à sMnstaller en maîtres dans le pays.

Cependant cette première expédition était grosse de périls pour l'avenir. Ce n'est point impunément que les Arabes avaient fait connaissance des riches et fertiles campagnes de

1. Noveiri, /. c. , p. f09; Ibn Abd-el-Hakem, /. c, p. 361. 2. Ibn Abd-el-Hakem, /. c , p. 361 ; El-Beladori, /.c, p. 353.

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