‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 501 sur 539 · Cf. Fournel, I · texte numérisé non relu

Cf. Fournel, I

4. Ibn Abd-el-Hakem (Hist. des Berbères^ I,p. 311); El-Bekri (Jouirai asiaL, 1858, p. 448); Fournel, I, 147-150.

plus significatif encore, lorsque en 665 Moaviah ibn Hodaïdj envahit l'Afrique, il pénétra du premier coup, et sans rencontrer aucune résistance, jusque dans la région où s'élèvera Kairouan, et il établira son camp au pied du Djebel Ousselet, à une journée de marche de Sbiba'. 11 est évident, si ces détails sont exacts, que les Byzantins avaient cessé d^occuper la plupart des forteresses qui formaient jadis la première ligne de défense de la Byzacène ; et en effet, si l'on cherche quelles places fortes firent, à cette date de 665, résistance à l'invasion arabe, on trouve qu'elles appartiennent toutes au système des citadelles qui protégeaient les abords de la Tunisie centrale d'aujourd'hui : les historiens nomment Hadrumète ' (Sousa) et Djeloula (peut-être Kouloulis) ' ; à une date un peu postérieure, il est fait mention de la ville de Mams (Mamma) \ Il semble donc bien que les possessions grecques diminuaient. Bientôt, au centre même de la Byzacène, les Arabes pourront sans peine s'établir à Kairouan. D'autre part, les états indigènes prennent une importance chaque jour croissante. Sans doute, pour repousser les musulmans, ils uniront avec une énergique fidélité leurs efforts à ceux des Grecs ; mais — et ce trait est caractéristique — au lieu d'employer les services des Berbères et de diriger leurs contingents, les Byzantins apparaissent au contraire comme les auxiliaires des princes indigènes' ; et tandis que les historiens mentionnent à peine les noms des gouverneurs impériaux, c'est Koçéila, c'est la Kahena qui sont les chefs de la résistance, et qui semblent avoir hérité de toute l'autorité du basileus.

Pour restaurer en Afrique la domination grecque ébranlée et presque compromise, il eût suffi pourtant d'un peu de vi-

\. Fournel, I, p. 142-144; Ibn Abd-el-Hakem, I, p. 307-308.

Page 1