‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 506 sur 539 · Théophane, p · texte numérisé non relu

Théophane, p

cène, en établissant aa centre même du pays une place d*armes pour ses soldats. « Quand un imam, disait-il, entre en Afrique, les habitants de ce pays mettent leurs vies et leurs biens à Tabri du danger en faisant profession de Tislamisme, mais aussitôt que rimam se retire, ces gens-là se rejettent dans l'infidélité. Il faut donc fonder une ville qui puisse servir de camp et d'appui à Tislamisme jusqu'à la fin des temps ^ » Cette ville, Okba la bâtit au centre d*une vaste plaine marécageuse et déserte, à une journée de marche d'Hadrumète et du littoral, à peu de distance des citadelles qui protégeaient, sur les revers du massif central, la frontière byzantine, et il lui donna le nom de « place d'armes » ou Kairouan*. Sans se laisser décourager par les difficultés du terrain, ni par les objections de ses compagnons d'armes, pendant cinq ans sans relâche il s'appliqua à la construction de la cité. En 675 elle était terminée, et sa grande mosquée, dont Okba lui-même avait déterminé remplacement, attestait par un signe visible là victoire décisive de Flslam.

Chose remarquable, ni pendant l'invasion de 669, ni pendant les années suivantes, les Byzantins ne paraissent avoir fait aucun effort pour arrêter Tenvahisseur. Ils laissèrent ravager la Byzacène, massacrer ou traîner en esclavage les populations chrétiennes, ils virent s'élever au cœur du pays la citadelle de Kairouan, sans qu il soit question d'aucune bataille livrée, d'aucune forteresse défendue'. Il semble que les troupes byzantines,peu nombreuses, aientassisté impassibles au désastre, retranchées dans leurs places fortes, qu'Okba n'osa point attaquer, et que durant les années suivantes, tandis que sous les murailles de Constantinople se jouait la partie suprême, elles aient été trop faibles pour risquer aucune entreprise sérieuse \

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