‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 507 sur 539 · Noveiri, l. c, p. H · texte numérisé non relu

Noveiri, l. c, p. H

2. Abd-el-Hakem,L p. 311-312. Cf. Fourael, p. 152-157; Amari, 1, p. 113-115 et sur la discusMOu des traditious relatives à la foudatioa de Kairouau, Roth, p. 39-47.

3. Cf. Fournel, p. 157-158 : mais le traité est invraisemblable.

4. C'est rexpUcatioii que fourait ibu Klialdoun, 1, p. 211 : « Les Fraacs, dont la «ii.^corde avait aiTaibUla puissince, se réfugiër>^Dt dausleur:^ places Tortes. »

Quant aux Berbères, Okba avait compris que, pour les vaincre, il fallait frapper fortement leur imagination superstitieuse; il avait en face d'eux joué le rôle d'un sorcier, d'un marabout, multiplié les miracles et les incidents surnaturels; et les indigènes, convaincus qu'il était impossible de résister à un tel homme, avaient déposé les armes pour se convertir en foule à ^Islam^ Et cependant la fondation de Kairouan était pour les destinées futures de TÂfrique byzantine un événement d'une portée incalculable. Jadis, quand les expéditions musulmanes partaient de l'Egypte ou de Barca, leurs ravages si cruels qu'ils pussent être étaient toujours de courte durée, et entre le pays byzantin proprement dit et l'épée des envahisseurs, les populations berbères de la Tripolitaine et de la Byzacène formaient un tampon qui brisait en partie Télan des assaillants. Maintenant, sur les frontières même de la Proconsulaire, s'élevait une citadelle occupée par une garnison nombreuse : de là partiront désormais des attaques incessantes contre les forteresses qui gardent le limes^ de là des ravages continuels, ôtant toute sécurité à la province ; là, chaque expédition trouvera un lieu sûr pour abriter son butin; là, chaque tentative manquée aura le moyen de réparer ses forces' : et tandis que sous cet effort constant, lentement la province byzantine s'acheminera vers sa chute, l'Islam se répandra de Kairouan à travers toute l'Afrique, et la propagande religieuse achèvera et consolidera Tœuvre des armes. Sans doute, pendant près de trente ans encore, les Byzantins pourront lutter avec courage, et parfois avec succès : pourtant — et plus encore que la défaite de Sbeitla, — la fondation de Kairouan marque une étape décisive de la ruine de l'Afrique grecque.

Page 1