Dozy, HisL des musulmans d*Espagne, 1, p
2. Cf. sur ce système d'attaque, Amari, I, p. 112. Sur le caractère eaaeaUellement militaire de la foDdatioa de Kairouan, cf. Rolh, p. 48-4d.
Toutefois, peadant quelques années, les Arabes, peu expérimentés dans Tart des sièges, semblent n'avoir point osé attaquer les redoutables citadelles échelonaées tout le long du pays byzantin : et d'autre part, le brusque rappel d'Okba et la jalousie que son successeur Abou-Mohadjir semble avoir conçue contre Tœuvre du glorieux général donnèrent aux impériaux quelques moments de répit*. En-Noveiri et Ibn Khaldoun racontent même que le nouveau gouverneur détruisit en partie et abandonna Kairouan * ; à la vérité, ces renseignements sont fort sujets à caution, et de même on ne se fiera guère aux autres informations relatives à la période qui sépare les deux gouvernements d'Okba ibn Nafi. Il se peut que le départ d'Okba, en rendant courage aux Berbères, ait provoqué une prise d'armes dans la grande tribu des Auraba; il se peut que Koçéila, le chef des indigènes, vaincu dans la lutte et fait prisonnier, ait, pour sauver sa vie, feint d'embrasser rislam 3 ; il semble douteux pourtant qu' Abou- Mohadjir ait poussé jusqu'aux environs de Tlemcen ses armes victorieuses, et Tautorité dlbn Rakik, sur laquelle s'appuie Ibn Khaldoun, est trop peu sûre pour mériter grande confiance \ Il est plus difficile encore d'admettre que les Byzantins aient à cette date volontairement cédé aux Arabes la vaste presqu'île de la Djazira, c'est-à-dire toute la région qui s'étend depuis Sousse jusqu'aux environs de Tunis et de là jusqu'au cap Bon : Aboul Mehacin, qui rapporte le fait, est un histo- ,
1. Cf. Fouruel, p. 162. Sur la date du rappel d'Okba, que Hotb place eu 615, cf. Roth, p. 55-57.