Ibn Adzari (Fournel, I, p
et jusque dans le Zab ' ; on dit que le général arabe reprit possession de Kairouan, mais qu'ensuite, effrayé des difficultés de sa tâche, pris d'un subit et religieux dégoût pour les choses terrestres, il évacua la province reconquise, sans même y laisser un de ses lieutenants'; on ajoute que pendant ce temps, une flotte byzantine, venue de Sicile, avait jeté en Cyrénaîque un corps de débarquement, et que Zohéir, revenu à Barca, fut tué en essayant de repousser les envahisseurs^. S'il faut ajouter foi à ces détails^, dont quelques-uns sont rapportés par El-Beladori, dont la plus grande partie semble pourtant singulièrement suspecte, on considérera comme une simple course de pillage Tentreprise de Zohéir, et on en retiendra ce fait seulement, que le gouvernement impérial, ayant renouvelé en Orient la paix avec le khalife % se préoccupait attentivement de défendre ses provinces occidentales '. En tout cas, après cet épisode, de nouveau la guerre civile obligea Abd-el-Melik à négliger « les affaires de Kairouan » ' : c'est seulement en 693 que Hassan ibn Noman vint donner un nouvel et décisif assaut aux possessions grecques d'Afrique.
La mort de Koçéila avait eu pour effet de rompre la grande confédération indigène qui s'était groupée sous l'autorité de ce chef. '< La désunion, dit Ibn Khaldoun, se mit alors parmi les Berbères, chacun de leurs cheiks se regardant comme prince indépendant '. » Les Byzantins semblent avoir profité de ces troubles pour restaurer un peu plus solidement leur autorité dans la Byzacène. Le Liber pontificalis rapporte que, vers 685, « la province d'Afrique tout entière fut de nou-