‹ L'Afrique byzantine;Chapitre 525 sur 539 · Lib, pOHtif,f p · texte numérisé non relu

Lib, pOHtif,f p

5. Ibn Koteiba, l, c, p. lxvi-lxvhi. Cf. Âmari, I, p. 168-169 (Sicile, 704 et 705), 169-171 (Sardaigne, 710).

On peut se demander, au terme de ce chapitre, ce que la conquête arabe épargna de Toeuvre accomplie en Afrique par Byzance. Sous Taulorilé des empereurs, la province avait, malgré les troubles et les guerres, connu pourtant une réelle prospérité : maintenant, grâce à la cruauté des envahisseurs, grâce aussi à la sauvage résistance des indigènes, le pays était dépeuplé et ruiné. Des milliers de captifs avaient été emmenés en esclavage pour être vendus sur les nfiarchés d'Orient; des populations entières avaient été massacrées ou avaient quitté le pays pour échapper à la rage du vainqueur. « La plupart des villes de Tlfrikia, dit un historien, étaient désertes, par suite de la résistance qu'opposèrent les Berbères » ^ ; les campagnes étaient abandonnées, les établissements agricoles incendiés^ les travaux d'eau détruits ; aujourd'hui encore, dans les cités mortes de la Tunisie, demeurées pour la plupart en l'état où les mit l'invasion arabe, on retrouve à chaque pas les traces de ces terribles ravages.

Sous la domination des basileis^ le christianisme s'était, de concert avec la civilisation, propagé parmi les tribus berbères. Bien peu d'années suffirent à faire passer les indigènes à l'Islam. Sans doute on peut croire qu'au début beaucoup de ces conversions furent obtenues par la force ; les procédés durs et hautains d'un Okba ou d'un Hassan n'étaient point pour provoquer des enthousiasmes bien sincères '. Pourtant de très bonne heure, l'imagination superstitieuse des Berbères fut profondément frappée par les prestiges des conquérants arabes ^, et dès le temps de Mouça ibn Noseir, la plus grande partie des tribus étaient devenues familières avec le Coran et les rites de l'Islam *. « La nouvelle profession de foi, dit Amari, était facile à faire ; la participation au butin était un point que comprenaient vite les nouveaux

1. Ibn Adzari (Fournei, I, p. 233). Sur la masse des prisonniers, Amari, 1, p. 124.

Page 1